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Explosion à Lyon: les prises de parole de Collomb et Castaner irritent le procureur de la République

Rémy Heitz, ancien procureur de Metz devant des journalistes en janvier 2010.

Rémy Heitz, ancien procureur de Metz devant des journalistes en janvier 2010. - AFP PHOTO / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Le procureur de la République, Rémy Heitz, a rappelé ce mardi qu'il est le seul a pouvoir communiquer sur l'enquête ouverte après l'attaque au colis piégé à Lyon qui a fait 13 blessés.

Le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, chargé des investigations sur l'attaque au colis piégé de Lyon, a publié ce mardi une rare réaction aux déclarations répétées du ministre de l'Intérieur et du maire de Lyon. Dans un communiqué, il a fermement rappelé être "le seul" autorisé à rendre public des éléments couverts par le secret de l'enquête.

Il a également mis l'accent sur le nécessaire respect de la présomption d'innocence en communiquant sur des éléments "objectifs de la procédure ne comportant aucune appréciation sur le bien-fondé des charges retenues contre les personnes mises en cause". 

"Ne jamais trop parler"

Christophe Castaner, qui avait annoncé lundi l'arrestation du suspect, a affirmé ce mardi n'avoir "pas de doute" que ce dernier était "le responsable" de l'attaque qui a fait 13 blessés vendredi à Lyon. 

"L'enquête se poursuit, avec des éléments suffisamment caractéristiques pour que, à l'heure où je vous parle, je n'ai pas de doute sur le fait nous avons actuellement en détention le responsable de cet acte qui aurait pu tuer", a-t-il déclaré sur CNews.

"Il y a quelques semaines Gérard Collomb m'adressait un conseil, celui de ne jamais trop parler. Il avait raison", a continué l'actuel ministre de l'Intérieur. Un conseil que son prédécesseur s'est bien gardé d'appliquer. Au micro de France Info dans la matinée, il a donné des éléments connus concernant la traque et l'arrestation du jeune homme de 24 ans, provoquant l'ire du porte-parole du ministère de la Justice, Youssef Badr.

La communication du ministère de l'Intérieur a fait à plusieurs reprises l'objet de tensions avec le parquet de Paris, notamment lors de l'attentat de Strasbourg en décembre ou après l'explosion de gaz mortelle de la rue de Trévise en janvier à Paris.

Ambre Lepoivre avec AFP