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Enquête après des dérapages racistes sur une page Facebook dédiée à la police

Si de tels propos ont été tenus par des fonctionnaires de police, alors les sanctions iront de l'avertissement à la suspension.

Si de tels propos ont été tenus par des fonctionnaires de police, alors les sanctions iront de l'avertissement à la suspension. - -

Une enquête de l'IGPN (police des polices) a été ouverte par le ministère de l'Intérieur pour identifier les auteurs des commentaires postés après les violences urbaines de Trappes.

"La chasse est ouverte, il est temps de faire un bon nettoyage", "C'est pas le Ramadan??... Ben alors vous allez ramasser vos dents", "sortez les armes et flingué moi tout c est petit ****" ou encore "bande de singe"...

Voici une sélection de commentaires que l'on pouvait lire encore ce lundi soir sur la page Facebook (non officielle) dédiée à la police nationale et à la police municipale Forum police-info.com - fermée depuis par le compte administrateur, et inaccessible ce mardi matin.

Poursuites disciplinaires

Une enquête de l'IGPN (police des polices) a été diligentée par le ministère de l'Intérieur afin d'en identifier les auteurs. "Si ces propos ont été tenus par des policiers, alors des poursuites disciplinaires seront engagées" a assuré le porte-parole du ministère de l’Intérieur Pierre-Henry Brandet à BFMTV.com.

Si ces infractions sont avérées, les fonctionnaires de police risquent des sanctions allant de l’avertissement à la suspension. Le parquet pourra ensuite être saisi "en fonction des conclusions de l’enquête."

Dans le cas contraire, le ministère de l’Intérieur se réserve le droit de porter plainte pour "usurpation d’identité".

Tenus par leur devoir de réserve "en permanence, jusque sur les réseaux sociaux", les policiers "doivent être exemplaires, quelles que soient les circonstances", a plaidé Pierre-Henry Brandet. "L'exemplarité est essentielle et indispensable si l'on veut rétablir ou raviver le lien de confiance qui doit unir nos forces de sécurité et la population."

Ces internautes "ne sont pas boulangers"

Selon Slate.fr, l’affaire a été dévoilée vendredi par un blogueur, Al-Kanz, qui s’est ému que de tels propos tenus publiquement "ne visent pas seulement les émeutiers, mais parfois bien l’ensemble des habitants de Trappes", des habitants "plutôt musulmans". Al-Kanz, après avoir parcouru leurs profils, assure que "ces internautes ne sont ni boulangers, ni coiffeurs, ni guichetiers à La Poste."

Par ailleurs, le site Copwatch Nord-Ile-de-France, relayé par Indymedia, assure avoir eu accès à ce forum et être parvenu à identifier les auteurs de certains de ces propos, des policiers dont il révèle les noms, leur photo, et parfois leur service d'affectation.

Oeuvre d'un "collectif de citoyens souhaitant lutter par la transparence et l'information contre les violences policières", Copwatch-Nord-Ile-de-France publie des photos de policiers et de gendarmes, ainsi parfois que leurs noms et leurs adresses personnelles. La justice a ordonné à plusieurs reprises la fermeture de ce site qui, à chaque fois, a été réactivé.