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Enlèvements d'enfants: les autorités se mobilisent pour démentir les rumeurs

Depuis lundi, plusieurs communiqués ont été publiés afin de démentir les rumeurs de rapts d'enfants par la communauté rom.

Depuis lundi, plusieurs communiqués ont été publiés afin de démentir les rumeurs de rapts d'enfants par la communauté rom. - Montage BFMTV

Des préfectures aux mairies des communes concernées par les rumeurs, les autorités publiques font bloc depuis plusieurs jours pour démentir les enlèvements d'enfants par la communauté rom.

"Il n'y a eu aucun enlèvement ou tentatives d'enlèvement d'enfants dans le département", a tweeté ce mercredi matin la préfecture de Seine-Saint-Denis. Elle avait déjà alerté sur le sujet mardi, et relaye sans cesse des messages de communes attestant que les rumeurs à propos de rapts d'enfants sont fausses.

"Depuis plusieurs jours, des rumeurs circulent sur les réseaux sociaux pour évoquer des enlèvements d'enfants. Le préfet de la Seine-Saint-Denis dément une nouvelle fois ces allégations qui ne reposent sur aucun fondement".

Une rumeur sur les réseaux sociaux accuse à tort la communauté rom d'enlèvements d'enfants. 19 individus ont été placés en garde à vue après une expédition punitive menée contre des personnes de cette communauté en Seine-Saint-Denis. La police et les différents élus du territoire démentent tous les jours cette fausse information, qui persiste et inquiète les Roms.

Plusieurs démentis ignorés

Dès lundi, la préfecture de police a assuré que cette rumeur était fausse, et a réitéré son alerte mardi, écrivant sur Twitter: "Les rumeurs de kidnapping d'enfants avec une camionnette sont totalement infondées. Aucun enlèvement n'est avéré. Ne relayez plus cette fausse information, n'incitez pas à la violence."

"Il apparaît après vérification (...) qu'aucun fait avéré ne correspond aux allégations propagées sur la toile", assure dans un communiqué ce lundi Patrick Haddad, maire de Sarcelles, dans le Val d'Oise D'autres municipalités lui ont emboîté le pas, comme celle d'Aulnay-sous-bois, en Seine-Saint-Denis, ou la ville de Bobigny, qui a de son côté lancé un "appel au calme".

Dans un autre communiqué diffusé mardi, la maire de Bondy dément une nouvelle fois les rumeurs et fustige des actes de violence "inacceptables" qui "n'ont d'autre nom que le racisme" car "ils visent explicitement des personnes vulnérables, en situation de grande précarité, en raison de leur appartenance réelle ou supposée à la communauté rom".

Malgré les nombreux démentis, difficile de savoir si les fantasmes au sujet des enlèvements se calmeront. "Ceux qui croient à ces rumeurs font de faux liens entre une preuve [la photo] et un effet. Le discours d'autorité ne suffit pas quand le rapport de croyance est supérieur au rapport de rationalité" expliquait mardi Marie Peltier, historienne et spécialiste du complotisme, à BFMTV.

Salomé Vincendon