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Enfants fauchés à Lorient: le chauffard toujours "activement recherché"

Appel à témoins pour retrouver le chauffard qui a percuté deux enfants à Lorient le 9 juin 2019

Appel à témoins pour retrouver le chauffard qui a percuté deux enfants à Lorient le 9 juin 2019 - Police nationale

Cinq jours après le lancement d'un appel à témoins, les enquêteurs n'ont toujours pas retrouvé la trace de l'automobiliste de 20 ans qui a fauché deux enfants à Lorient le 9 juin dernier.

Une semaine après l'accident qui a coûté la vie à un garçon de neuf ans et blessé grièvement un autre de sept, fauchés par une voiture à Lorient, le chauffard, désigné par les enquêteurs par ses initiales (klr), est toujours "activement recherché" par la police.

Peu de choses ont filtré depuis l'audition de la passagère de 21 ans qui a mis elle-même fin à sa cavale mercredi soir, après s'être rendue chez un particulier à Caudan, une commune au nord de Lorient. Entendue par les enquêteurs, celle-ci aurait dit avoir passé trois jours à errer en forêt, avant de se rendre, ont rapporté plusieurs médias qui précisent que cette version est peu crédible selon les enquêteurs.

Après sa garde à vue, la jeune femme a été présentée au parquet de Lorient et mise en examen vendredi pour non-assistance à mineurs de moins de 15 ans en danger et écrouée.

La procureure de la République de Lorient Laureline Peyrefitte a ouvert une information judiciaire pour "homicide involontaire aggravé", "blessures involontaires aggravées", "conduite sans permis en récidive", et "défaut d'assurance et de refus d'obtempérer aggravé par la mise en danger d'autrui".

Un enchaînement de fausses pistes

D'importants moyens sont mobilisés pour retrouver le chauffard et les enquêteurs n'écartent aucune piste pour retrouver cet homme mesurant 1,80m, de "corpulence normale, de type eurasien, teint mat, cheveux noirs", selon l'appel à témoin diffusé mardi et relayé sur les réseaux sociaux. Rien que les deux premiers jours, la police a reçu une centaine d'appels par jour, a précisé jeudi la procureure.

Vendredi matin les policiers, prévenus qu'un passager d'un train pensait avoir vu le chauffard recherché, ont ainsi immobilisé pendant une quinzaine de minutes un TGV Quimper-Paris en gare de Rennes. Mais le passager mis en cause ne correspondait pas au signalement de l'homme recherché.

Fausse piste également, avec le signalement d'un témoin faisant état de la présence du suspect dans la Nièvre, déclenchant le déploiement jeudi de 63 gendarmes, dont 12 du GIGN, ainsi qu'un soutien héliporté. Le témoin, un homme de 41 ans fragile psychologiquement, s'est révélé être un affabulateur qui avait monté une histoire de toutes pièces. Poursuivi pour faux témoignage, il a été condamné à quatre mois de prison ferme avec mandat de dépôt vendredi à Nevers.

La police évoque d'éventuelles complicités qui pourraient expliquer la durée de cette cavale.

"C'est quelqu'un qui doit avoir une complicité quelconque ou une attache, un lieu connu de lui et de lui seul. On ignore quelle est l'amplitude de son réseau. Il est toxicomane, peut-être même revendeur de produits stupéfiants donc il a sans doute des contacts assez nombreux dans ce milieu", expliquait samedi sur notre antenne Jean-Pierre Colombies, porte-parole de l'association de police UPNI.

Le chauffard déjà connu des services de police

L'accident est survenu dimanche 9 juin à Lorient alors que le véhicule était suivi à distance par la gendarmerie après un refus d'obtempérer. La voiture, une Citroën Némo, circulait à vive allure quand elle a percuté dans un premier temps une autre voiture en sortie de rond-point, sans faire de blessé, avant de faucher sur un trottoir les deux enfants, deux cousins.

Selon la procureure de Lorient, le chauffard était "déjà connu pour des faits de conduite sans permis de conduire et d'infraction à la législation sur les stupéfiants".

Grièvement blessé, l'enfant de sept ans est lui toujours hospitalisé à Brest, en réanimation. "Son pronostic vital est réservé", avait indiqué jeudi Mme Peyrefitte. Selon Ahmet Makas, ancien président de l'association culturelle turque de Lorient, son pronostic vital était toujours engagé dimanche et son état "stable".

Mélanie Rostagnat avec AFP