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Elles veulent appeler leur fils Ambre, la justice craint une confusion sur le sexe de l'enfant

Détail d'une main d'enfant. (illustration)

Détail d'une main d'enfant. (illustration) - Libero Guerra - Flickr - CC

La procureure de la République de Lorient estime que ce prénom fait naître le risque d'une confusion quant au sexe de l'enfant. Ce qui pourrait lui être préjudiciable dans sa vie future.

Pour l'heure, le petit garçon ne s'appelle pas officiellement Ambre, mais il s'habitue à entendre prononcer ce prénom. L'enfant est né en janvier 2018 d'un couple de deux femmes d'Etel, dans le Morbihan, en Bretagne. Lors de l'enregistrement du petit à l'état civil, rapporte France Bleu, l'officier alors en service signale le cas à la procureure de la République de Lorient. Cette dernière s'oppose à ce qu'un prénom d'ordinaire féminin, serve à nommer un garçon, pointant le risque d'une confusion quant à son sexe qui risque de le suivre tout au long de son existence.

La mère est convoquée devant le juge aux Affaires familiales qui, au contraire, juge qu'il n'y a pas de raison valable d'interdire ce choix. Mais le parquet de Lorient fait appel. L'affaire qui prend de l'ampleur dans la région ne sera rejugée qu'en avril 2019. Une longue attente.

La mère très remontée évoque un "acharnement"

Alice Gondelle, la mère de l'enfant, dénonce être la victime d'un "acharnement" de la part de la procureure de Lorient. Témoignant auprès de la radio, elle reproche à une "société très injuste" de "laisser passer des prénoms très ridicules, comme Clitorine", sans accorder celui qu'elle a choisi.

"Je me dis qu'un prénom si classique et si ancien et reconnu mixte ne passe pas, et c'est l’État qui nous attaque? On doit vivre ça pendant deux ans. En attendant, moralement et financièrement c'est difficile", argue encore la mère de l'enfant.

Le fait que le prénom Ambre soit ancien et classique n'est pas contestable. Son étymologie montre qu'il est dérivé du grec "ambrósios" qui signifie "immortel" et qu'il est aussi apparenté à "Ambroise" lui-même tiré de l'ambroisie, soit la nourriture des dieux de l'Olympe. Qu'il soit mixte reste en revanche plus discutable. L'Insee recensait 3 garçons ayant été appelés Ambre en 2011 contre 2.239 filles la même année. De 1952 à 2017, le prénom a été donné 42.179 fois en France hors Mayotte. Contre une trentaine de fois pour les garçons.

Par le passé l'état civil a été dans son bon droit en refusant d'autoriser des prénoms comme "Nutella" ou "Mini-Cooper". Bien sûr, Ambre n'est pas du même acabit et ne relève pas de la même problématique. Les deux femmes sont soutenues par l'association Les Enfants d'Arc en Ciel et s'interrogent quant au fait de savoir si elles ne sont pas victime d'une forme de discrimination homophobe.

D. N.