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Echirolles: la mère de Kevin, un des deux jeunes lynchés, témoigne

La mère de Kevin a réussi à surmonter sa haine envers les tueurs de son fils.

La mère de Kevin a réussi à surmonter sa haine envers les tueurs de son fils. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Kevin et Sofiane, deux amis d'enfance âgés de 21 ans, ont été battus à mort par une bande de jeunes en banlieue de Grenoble, en 2012. Une reconstitution aura lieu jeudi soir.

Cela fera bientôt deux ans que Kevin et Sofiane, tous deux âgés de 21 ans, sont morts sous les coups d'une bande d'une quinzaine d'individus à Echirolles, dans la banlieue de Grenoble. Jeudi soir, la justice organise une reconstitution du meurtre, l'enquête étant toujours au stade de l'instruction, même si un jeune de 17 ans a déjà été mis en examen et écroué.

Un nouvel épisode judiciaire douloureux pour Aurélie Monkam-Noubissi. Cette pédiatre de 55 ans est la maman de Kevin. Dans un livre, Le ventre arraché (*), elle a couché sur le papier son ressenti et ses émotions. "Ces mots, c'est ceux que j'ai prononcé à ma collègue le lendemain du meurtre, quand elle m'a demandé comment j'allais. Elle m'a dit: 'Tu vas bien?' Et je lui ai répondu: 'Non, ça ne va pas. J'ai l'impression qu'on m'a arraché le ventre'. Et là, je me suis effondrée", raconte-t-elle à BFMTV.

Kevin et son ami d'enfance Sofiane, tous deux sans histoires, ont été véritablement lynchés ce 28 septembre 2012. Les agresseurs se sont acharnés sur eux avec une violence inouïe: huit coups de couteau pour l'un, 29 pour l'autre, et des coups par dizaines. A l'origine, un regard que la bande aurait interprété de travers, selon les élements de l'enquête.

Elle prône la fraternité avec courage

A l'époque, l'histoire avait ému la France entière, jusqu'au président de la République, venu sur place. Une marche blanche, qui avait rassemblé près de 10.000 personnes quatre jours plus tard, avait bouleversé la maman de Kevin. "C'était magique, et c'était d'un réconfort... Il n'y a pas que la violence, il y a aussi cette fraternité", confie-t-elle.

C'est le message que veut faire passer Aurélie Monkam-Noubissi dans son livre. "La violence peut être très dure à accepter, mais ne justifie pas qu'on réagisse sur le même mode. Il y a d'autres réactions possibles", estime-t-elle avec sagesse.

A l'endroit où Kevin et Sofiane ont été lynchés, une stèle de pierre a été érigée en leur mémoire. Un texte gravé dessus appelle à la "dignité", la "solidarité, "l'humanité", et la "paix".

A.G. I vidéo: E. D'Harcourt et F. Bonnard