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Ebats dans une caserne avec une mineure : trois pompiers jugés à Amiens

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L'argument des prévenus est simple : ils ne pouvaient se douter de la minorité de la jeune femme avec qui ils ont eu des relations sexuelles.

Trois sapeurs-pompiers sont mis en cause dans un scandale sexuel impliquant une fille de 16 ans à la caserne d'Abbeville (Somme), en 2010. Ils seront jugés jeudi par le tribunal correctionnel d'Amiens lors d'un procès qui pourrait se dérouler à huis clos, s'il n'est pas reporté.

Les trois hommes doivent répondre de corruption de mineure. Deux d'entre eux sont également poursuivis pour avoir enregistré et transmis des images pornographiques de la jeune fille. L'avocat de la jeune fille, Me François Régnier, a fait savoir qu'il demanderait le huis clos des débats alors qu'une des parties civiles plaidera le renvoi.

"Elle en connaissait beaucoup sexuellement"

La jeune fille s'était rendue à plusieurs reprises en mai et juin 2010 à la caserne pour avoir des relations sexuelles consenties avec plusieurs pompiers, qui lui avaient été présentés par son petit ami qui y travaillait également. Des photos des ébats avaient circulé chez certains pompiers ainsi qu'une photo d'elle à caractère sexuel. La hiérarchie avait prévenu la police après avoir été alertée par des hommes du feu qui avaient eu vent de ces faits.

Les prévenus encourent jusqu'à cinq ans de prison, selon le parquet d'Amiens. "Je vais plaider la relaxe car mon client ignorait que la jeune fille était mineure", a indiqué Me Sonia Houzé, l'avocate de l'ex-petit ami. "C'est le premier pompier à avoir rencontré la jeune fille. Il a ensuite donné ses coordonnées aux autres. Il n'est vraiment pas fier de ce qu'il a fait, mais il ne pouvait pas imaginer qu'elle était mineure, parce qu'elle en connaissait beaucoup sexuellement", a-t-elle ajouté, notant que la jeune fille avait alors atteint la majorité sexuelle, fixée à 15 ans.

Exclu pendant un an, son client a intégré la caserne de Péronne (Somme) en décembre 2011, où "tout se passe bien", selon elle.

"Mon client ignorait qu'elle était mineure"

Me Jérôme Crépin, dont le client est suspendu dans l'attente de la décision pénale, compte développer un argumentaire similaire. "La relation sexuelle avec la mineure n'est pas contestée. La question est de savoir s'il avait connaissance ou pas de la minorité de la personne. Or, mon client, poursuivi uniquement pour corruption de mineure, ignorait qu'elle était mineure", a-t-il expliqué.

Avant l'examen au fond, le tribunal devra également se prononcer sur une demande de renvoi émanant du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS), qui craint que le procès ne ternisse l'image et perturbe le déroulement du Congrès national des sapeurs-pompiers qui se tiendra du 27 au 29 septembre à Amiens.