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Dix ans après, le juge qui a libéré Bertrand Cantat revient sur l'affaire

Bertrand Cantat sur la scène du Printemps de Bourges

Bertrand Cantat sur la scène du Printemps de Bourges - AFP

Le juge qui a prononcé la libération de Bertrand Cantat après quatre ans d'emprisonnement, est revenu sur l'incarcération du chanteur de Noir Désir, assurant qu'il était libérable un an avant sa sortie.

Bertrand Cantat fait de nouveau l'actualité. La cause? La sortie de son single solo ainsi que sa présence en une des Inrockuptibles. Condamné par la justice lituanienne en 2004 à huit ans d'emprisonnement pour "meurtre commis en cas d'intention indirecte indéterminée" après le décès de sa compagne Marie Trintignant, qu'il avait mortellement frappé, il avait été libéré en 2007. En 2010, il a donc purgé l'intégralité de sa peine.

"Je comprends l'émotion suscitée par la une de ce magazine, mais pas les réactions incroyablement violentes, parfois haineuses", a déclaré cet ancien juge d'application des peines à Toulouse.

Pour le juge qui a prononcé sa libération, Bertrand Cantat répondait à tous les critères pour bénéficier d'une libération conditionnelle: "Son dossier remplissait tous les critères exigés par la loi", assure Philippe Laflaquière, ancien vice-président de l'application des peines à Toulouse où était incarcéré le chanteur. En effet, selon le magistrat, Bertrand Cantat avait "un comportement irréprochable", avait fini d'indemniser les parties civiles et avait "une activité professionnelle à la sortie", a-t-il affirmé dans une interview accordée au Parisien.

"Il voulait être traité comme tous les autres détenus"

En 2007, le juge a accédé à la demande de libération conditionnelle de Bertrand Cantat. "Est-il nécessaire de rappeler qu'il a été condamné à Vilnius pour coups mortels et non pour homicide volontaire ? Il est donc inexact de le présenter comme un meurtrier, ou pire comme un assassin, toujours cette dictature de l'émotion", détaille le juge. Et d'ajouter: "Il n'y avait strictement aucune raison de refuser cette libération justifiée et méritée, au motif que le détenu était célèbre ou qu'il serait le symbole - ce que je ne crois pas - des violences conjugales", a-t-il souligné.

"Il avait accompli la moitié réelle de la peine, seuil plus sévère que celui prévu par la loi. Prenant en compte les réductions de peines, j'aurai pu le libérer un an auparavant. Il n'a pas demandé une dérogation à cette jurisprudence, il voulait être traité comme tout autre détenus", assure Philippe Laflaquière.

Pourtant, la ministre de l'Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa, a vivement condamné le retour sur le devant de la scène du chanteur et a critiqué l'attention médiatique qui lui est accordé: "au nom de quoi devons-nous supporter la promo de celui qui a assassiné Marie Trintignant à coups de poings ?", a écrit la ministre sur Twitter. Bertrand Cantat avait connu le succès avec le groupe Noir Désir. Le 27 juillet 2003 à Vilnius en Lituanie, il avait frappé à plusieurs reprises sa compagne, l'actrice Marie Trintignant alors qu'ils se trouvaient dans une chambre d'hôtel. Tombée dans le coma, elle était décédée trois jours plus tard.

G.D.