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Disparition de Steve Maia Caniço: qu'a conclu le rapport de la police des polices?

La police est-elle hors de cause dans l'enquête sur la mort du jeune Steve Maia Caniço, comme le laisse entendre le rapport de la police des polices publié ce mardi? Ce dernier juge que l'intervention policière était "justifiée" et pas "disproportionnée", mais Édouard Philippe a réclamé la tenue d'une nouvelle enquête ce mardi, estimant que le déroulement de cette soirée restait "confus".

Les conclusions de l'enquête de l'IGPN sur la disparition du jeune Steve Maia Caniço à Nantes ont été rendues publiques ce mardi. Selon elle, l'intervention des forces de l'ordre à Nantes lors de la Fête de la musique du 21 juin dernier "était justifiée et n'est pas apparue disproportionnée", ayant eu lieu en riposte à de "très nombreux jets de projectiles".

Dans ce rapport, la "police des polices" conclut qu'"il ne peut être établi de lien entre l'intervention des forces de police (...) entre 4h20 et 4h52 quai Wilson à Nantes et la disparition de Steve Maia Caniço après 4 heures dans le même secteur". Le corps du jeune homme de 24 ans a été retrouvé ce lundi dans la Loire. 

"Le déroulement de cette soirée reste confus"

Un peu plus tôt dans la journée, Édouard Philippe avait déjà fait savoir que ce rapport de l'IGPN n'établissait pas de "lien entre l'intervention de la police et la disparition du jeune homme". Le Premier ministre soulignait néanmoins "des interrogations sur la préparation de cet événement". "À l'issue du travail de la police nationale, des questions restent donc posées (...) Plus de 5 semaines après les faits, le déroulement de cette soirée reste confus et je ne peux évidemment pas m'en satisfaire", a-t-il déclaré.

"Aucun élément ne permet d'établir que les forces de police avaient procédé a un quelconque bond offensif ou une manœuvre s’assimilant à une charge qui aurait eu pour conséquence de repousser les participants a la fête vers la Loire (...) Il n'y a pas à remettre en cause l'intervention collective des forces de l'ordre", estime l'IGPN, qui précise toutefois qu'une autre enquête "spécifique" et "distincte" sera menée pour un "usage de la matraque sur une personne au sol pendant l'intervention".
"Des coups de matraque montrés par une vidéo sur une personne au sol pourraient constituer à l'égard de son auteur, non identifié pour le moment, un usage disproportionné de la force", est-il écrit. 

"Aucune des personnes repêchées" n'a déclaré être tombée à l'eau du fait de l'action de la police

Selon ce rapport en date du 16 juillet, un total de 33 MP7 (grenades lacrymogènes), 12 LBD (lanceurs de balle de défense) et 10 DMP (grenades de désencerclement) ont été utilisés lors de l'intervention des forces de l'ordre. 

Cette opération répondait à des jets de "très nombreux projectiles en tout genre sur les policiers, en blessant cinq d'entre eux", alors que les forces de l'ordre voulaient faire éteindre le dernier "sound system" diffusant de la musique sur le quai, affirme le rapport.

"Durant cette nuit, entre 8 et 14 personnes sont tombées dans la Loire sans que l'on puisse être certain du décompte effectué par les sauveteurs (...). La seule certitude étant que trois personnes étaient tombées préalablement à l'intervention des forces de l'ordre", ajoute l'IGPN.

Selon le rapport, "aucune des personnes repêchées" ce soir-là n'a par ailleurs déclaré être tombée à l'eau du fait de l'action de la police. Dans ses observations, l'IGPN relève également que la mairie de Nantes "n'avait mandaté que deux agents d'une société privée de sécurité afin d'empêcher la foule attirée par les 'sound systems' de tomber dans le fleuve proche" et qu'elle 'avait fait positionner des barrièrages le long d'une partie seulement du quai Wilson alors que les 'sound systems' ont été installés jusqu'au bout du quai, ce qui a généré un risque pour le public".

Jeanne Bulant avec AFP