BFMTV

Deux-Sèvres: un homme tue 3 personnes dans son entreprise avant de se suicider

Un homme a abattu trois personnes dans une entreprise à Saint-Varent avant de retourner l'arme contre lui. Atteint d'une balle dans la tête, il a succombé à ses blessures à l'hôpital.

Un homme a tué 3 personnes ce mercredi avant de tenter de se suicider dans les Deux-Sèvres, a indiqué une source proche de l'enquête à BFMTV. Les faits se sont déroulés à Saint-Varent, dans une entreprise de carrière de marbre, au cours d'une réunion CSE.

L'homme de 37 ans, qui pratiquait le tir sportif, a fait feu en début d'après-midi avec un pistolet 9 mm, avant de se tirer une balle dans la tête. Transféré au CHU de Poitiers avec un pronostic vital engagé, il a succombé à ses blessures quelques heures plus tard, a indiqué le maire de Saint-Varent, Pierre Rambault.

"Le tour de la table"

Le suspect a fait feu vers 15h00 sur le site de la carrière Roy la Noubleau, a précisé le parquet de Niort. Trois participants à la réunion sont morts, un quatrième a été blessé, mais ses jours n'étaient pas en danger, a précisé la procureure de la République de Niort, Natacha Rateau, qui s'est rendue sur le site dans le nord du département des Deux-Sèvres, à 71 kilomètres de Niort.

Selon une source proche de l'enquête, il n'était pas clair dans un premier temps si le tireur avait fait feu indistinctement sur la réunion, ou s'il avait visé des personnes en particulier.

"Il n'a pas fait irruption, il est entré plutôt calmement dans la pièce. A son regard, le directeur a compris qu'il se passait quelque chose. Il a sorti une arme de poing derrière la première personne qu'il a abattue. Il faisait le tour de la table", explique le maire. "Il a fait feu sur les trois personnes visiblement qu'il souhaitait abattre", a ajouté Natacha Rambault, citant des témoignages.

Les trois personnes décédées sont un responsable financier, un représentant syndical CFTC et un représentant du personnel sans étiquette, a précisé l'élu.

"Pas en forme" depuis la mort de sa mère

L'homme, célibataire, travaillait depuis plusieurs années dans cette entreprise mais était en arrêté de travail "depuis quelques mois", précise sur notre antenne Pierre Rambault, le maire de Saint-Varent. Il "venait d'être déclaré en inaptitude à tout poste" pour une raison qui n'a pas été précisée. Originaire de Loudun (Vienne) où il vivait avec son père, le suspect "n'était pas en forme" depuis la mort de sa mère, il y a une dizaine de mois.

Plus d'une vingtaine de gendarmes ont été dépêchés sur le lieu de la fusillade, des enquêteurs scientifiques et médecins-légistes. Une enquête de flagrance pour homicide a été ouverte par le parquet de Niort et confiée à la gendarmerie, à la section de recherches de Poitiers et à la brigade de recherche de Bressuire. 

Suivi psychologique 

Une cellule médico-psychologique du centre hospitalier de Niort s'est également rendue sur site et assistait "à la fois les familles des victimes, et les personnes présentes à la réunion qui ont assisté à la fusillade", a précisé la procureure.

"La plupart des employés sont choqués. Il y a eu une prise en charge psychologique par le centre hospitalier et les psychologues de Niort qui sont arrivés vers 18h00 et qui ont pu s'entretenir avec toutes les personnes qui en exprimaient le besoin. Ils continueront de les suivre dans les jours qui viennent", nous précise le colonel Chateau, commandant de groupement de gendarmerie des Deux-Sèvres.

La carrière de la Noubleau est un vaste site d'extraction sur la commune de Saint-Varent, qui produit des granulats (sables, gravier), et des enrobés à destination de remblais ou de revêtements de chaussées. L'entreprise emploie environ 80 personnes, mais une partie seulement du personnel était présente.

Sarah-Lou Cohen avec Ambre Lepoivre et AFP