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Des avocats demandent l'interdiction des grenades GLI-F4, ayant blessé plusieurs manifestants

Cet outil de maintien de l'ordre est controversé et a déjà été mis en cause plusieurs fois.

Cet outil de maintien de l'ordre est controversé et a déjà été mis en cause plusieurs fois. - Alain JOCARD / AFP

Jeudi, un collectif d'avocats a appelé le gouvernement à interdire l'utilisation par les forces de l'ordre de grenades GLI-F4, ayant déjà blessé plusieurs manifestants.

Un collectif d'avocats a appelé jeudi le gouvernement à interdire l'emploi par les forces de l'ordre de grenades GLI-F4, qui ont blessé plusieurs personnes lors des manifestations des gilets jaunes du 24 novembre et du 1er décembre à Paris.

Dépôt de plusieurs plaintes

Lors d'une conférence de presse, ces cinq avocats parisiens - William Bourdon, Ainoha Pascual, Chloé Chalot, Raphaël Kempf et Arié Alimi - ont annoncé le dépôt de plusieurs plaintes de victimes blessées ou mutilées par des tirs de grenade lors de ces journées.

"Nous avons décidé collectivement, au nom des personnes que nous représentons, de demander très officiellement au Premier ministre d'abroger le décret qui permet aux forces de l'ordre d'utiliser les grenades GLI-F4", a déclaré Me Kempf, indiquant qu'un courrier lui serait envoyé "aujourd'hui ou demain".  "S'il refuse d'abroger le décret qui autorise les GLI-F4, nous attaquerons son refus devant le tribunal administratif. S'il ne répond pas, nous attaquerons également son absence de réponse devant le tribunal administratif pour obtenir judiciairement l'interdiction de ce type de grenade", a-t-il poursuivi.

Charge de TNT

Les GLI-F4 sont des grenades lacrymogènes assourdissantes qui contiennent une charge de TNT. Cet outil de maintien de l'ordre est controversé et a déjà été mis en cause plusieurs fois, notamment lors des événements sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).

"Dans une période de crise et d'émeutes urbaines, ce qui différencie une démocratie des autres régimes, c'est que du fait de la loi, de la chaîne de commandement, des tactiques policières, la violence légale reste toujours légitime", a pour sa part souligné Me Bourdon.  "C'est une ligne de démarcation qui malheureusement ces derniers jours a été franchie", a-t-il estimé. "Les dossiers que nous portons illustrent tous un usage manifestement et indiscutablement disproportionné de la violence". 

Main arrachée

L'avocat a indiqué avoir déposé jeudi une plainte au parquet de Paris pour un homme de 21 ans, Gabriel, qui a eu la main arrachée lors de l'explosion d'une de ces grenades alors qu'il manifestait avec plusieurs membres de sa famille sur le rond-point des Champs-Elysées.

Il a aussi annoncé son intention de déposer prochainement une plainte au nom d'un homme de 40 ans blessé par un tir de grenade de désencerclement.

Me Bourdon a réclamé la désignation d'"un ou plusieurs juges d'instruction" pour traiter ces plaintes.

"Notre exigence est de faire en sorte qu'en miroir avec l'incroyable mobilisation de ressources judiciaires et policières, il y ait symétriquement pour traiter des violences urbaines aussi une mobilisation forte, adéquate, immédiate du parquet de Paris pour répondre à l'exigence de vérité et de justice des familles", a-t-il dit.
B.L. avec AFP