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Dépeceurs chinois: 20 ans de prison pour la nourrice, son compagnon acquitté

La femme a été reconnue coupable d'avoir tué et dépecé un jeune couple de parents en 2012.

La femme a été reconnue coupable d'avoir tué et dépecé un jeune couple de parents en 2012. - Benoît Peyrucq - AFP

Hui Zhang, une nounou d'origine chinoise a été reconnue coupable du meurtre d'un jeune couple de parents à Paris en 2012. Elle avait tenté de leur offrir une compensation financière alors que leur enfant avait été retrouvé mort chez sa nourrice.

La terrible affaire des "dépeceurs chinois" a connu vendredi son épilogue. La nourrice d'un jeune bébé mort, accidentellement, chez elle a été condamnée 20 ans de réclusion criminelle pour avoir tué et dépecé les parents de l'enfant avant de disperser leur corps. Son compagnon, qui comparaissait à ses côtés devant la cour d'assises de Paris, a lui été acquitté.

Le jury a suivi les réquisitions de l'avocat général, Julien Eyraud, qui avait rejeté la thèse de la légitime défense plaidée par l'avocat de la nounou, Hui Zhang. Il avait estimé que rien ne pouvait prouver que son compagnon, Te Lu, avait lui-même porté des coups mortels.

"La seule trace d'humanité"

"Lorsque j'ai pris connaissance du dossier, j'ai été saisi par l'horreur de ce qui s'était passé, d'imaginer cette odeur de sang, cette boucherie dans la salle de bain, cette violence, cet acharnement parfois", avait confié le magistrat avant d'appeler les jurés à dépasser, comme il l'a fait, cette vision macabre pour s'en tenir aux preuves.

"Il ne s'agit pas de se servir d'éléments hypothétiques mais d'éléments matériels, il s'agit moins de croire que de raisonner, ne pas dire 'c'est dégueulasse, donc ils sont coupables'", avait-il lancé.

Concernant Hui Zhang, le magistrat avait estimé que "la seule trace d'humanité" que la nourrice a su montrer dans l'affaire, c'est dans son rôle "de mère". "Elle n'a eu qu'un seul phare dans la nuit, gagner du temps pour se sauver et sauver son fils." 

Meurtre à la hachette

Le 7 juin 2012, deux joggeuse découvrent dans le bois de Vincennes, dans le Val-de-Marne, une jambe, dont le pied a été coupé. Après cette découverte macabre, une véritable fouille est réalisée. Les enquêteurs retrouveront quelques jours plus tard une partie de torse. Une seule certitude: ces deux parties proviennent de deux corps différents. Des victimes d'origine asiatique.

Avant même l'identification des victimes, un couple de Chinois vient se dénoncer aux autorités et avoue le meurtre d'un jeune couple, Ying Wang et Liangsi Xue. Le drame serait intervenu auprès d'une explication qui tourne mal. Alors que le jeune fils du couple, Lucas, est retrouvé mort chez sa nourrice, cette dernière tente d'acheter leur silence. Face à leur refus, Hui Zhang saisit une hachette et frappe.

"Tourbillon de malheurs"

"Ce n'est pas une chance pour moi d'être en vie, de vivre avec cette culpabilité, c'est une véritable torture", a déclaré l'accusée à la fin des débats expliquant garder "la foi" de retrouver son fils et de lui dire ce qui s'est passé. Elle a affirmé avoir été "honnête" lors du procès et a dit ses "remords" aux familles des victimes. "J'espère que vous avez compris le tourbillon de malheurs que l'on a vécu, notre sincérité et nos regrets", a ajouté son compagnon.

Tout au long de son procès, la nourrice, aujourd'hui âgée de 34 ans, a assuré avoir agi en état de légitime défense. Son compagnon, également âgé de 34 ans, a raconté s'être évanoui après avoir été blessé dans la bagarre, et avoir été dans un état second pendant que sa compagne dépeçait les corps. "Ce dossier réveille en nous des sentiments morbides mais vous êtes là pour dire le droit", a expliqué aux jurés l'avocat de la nourrice, Me Alexis Guedj, en plaidant la légitime défense. "L'accusation n'a pas apporté la preuve qu'il y a eu homicides volontaires", a-t-il estimé.

Concernant la défense du compagnon, Te Lu, son avocat, Me Dupont-Moretti, a rappelé qu'une simple présence de son client sur le lieu du drame ne suffisait pas à prouver "une co-action ou une complicité" et rappelé que les enquêteurs eux-mêmes avaient convenu à l'audience "qu'aucun élément du dossier ne permettait de dire" qu'il avait "participé aux meurtres".

J.C. avec AFP