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Police-Justice

Coronavirus: les vols et ventes illégales de masques se multiplient sur le territoire

Des saisies de masques périmés ont été enregistrées en Ile-de-France, tandis qu'un vol de plus de 12.000 masques chirurgicaux a été constaté à l'hôpital de Montpellier. Les auteurs encourent 3 ans de prison.

Pendant que le personnel soignant se démène pour obtenir davantage de masques, d'autres en profitent. Depuis le début de l'épidémie de coronavirus en France, les vols et les ventes illégales de masques se multiplient sur le territoire, au grand dam des forces de l'ordre, par ailleurs déjà mobilisées pour faire respecter les mesures de confinement.

Vente de masques périmés sur Le Bon Coin

Le 7 mars, trois hommes, soupçonnés d'avoir tenté de revendre à Maisons-Alfort (Val-de-Marne) près de 40.000 masques périmés, sont mis en examen pour escroquerie en bande organisée. Trois jours plus tard, un homme est interpellé dans l'Oise pour avoir mis en vente sur Le Bon Coin des matériels de protection périmés (masques, gels).

Jeudi, une pharmacienne a été interpellée à Marseille pour avoir vendu illégalement des masques chirurgicaux à des clients, rapporte La Provence. A Montpellier, une enquête vient d'être ouverte pour le vol, sans effraction, de 12.500 masques au CHU. Et jeudi toujours, mais cette fois-ci à Paris, les policiers ont saisi dans des épiceries et des pharmacies 2580 masques destinés uniquement au personnel médical, indique la Préfecture de police à BFMTV.

Du matériel "bidon"

Partout donc, des trafics en tout genre se développent, avec la plupart du temps, du matériel inefficace: 

Certains masques "peuvent protéger contre les projections de salive, de postillon. L'efficacité est peut-être comparable à celle d'un masque chirurgicale mais il n'y a eu aucun contrôle qualité. (Certains ont) une valve donc ils doivent le vendre comme un filtre à particule. Mais la valve est complètement bidon", assure à notre antenne Frédéric Adnet, chef du service des Urgences de l'hôpital Avicenne. 

Ces personnes qui profitent de la crise sanitaire pour s'enrichir en revendant du matériel hospitalier encourent trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende. 

"Ils risquent une saisie de leur matériel et une forte amende car on ne ne mégote pas avec ce genre de produit", ajoute auprès de BFMTV Rocco Cotento, secrétaire départemental Paris unité SGP Police.

Jeudi, le Premier ministre soulignait très justement que la pandémie de coronavirus allait révéler "ce que l'humanité a de plus beau et aussi ce qu'elle a de plus sombre."

Esther Paolini