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Chauffeur de bus tué à Bayonne: la défense du suspect conteste le déroulement des faits

Les avocats de deux individus accusés d'avoir tué un chauffeur de bus à Bayonne lors d'un contrôle ont affirmé que ce dernier avait été le premier à porter un coup, tandis que le conseil de la famille dénonce un "alibi invraisemblable".

Le chauffeur de bus de 58 ans mort au mois de juillet après avoir été agressé dans l'exercice de ses fonctions à Bayonne aurait été à l'origine du premier coup, affirme ce lundi l'avocat de la défense, tandis que le conseil de la famille dénonce un "alibi invraisemblable".

Le 5 juillet dernier, Philippe Monguillot avait été victime d'une agression "d'une extrême violence", selon le parquet de Bayonne, alors qu'il voulait contrôler le ticket d'une personne et exigeait le port du masque pour trois autres. Cet homme de 59 ans, roué de coups et grièvement blessé à la tête, s'est retrouvé en état de mort cérébrale, avant de mourir cinq jours plus tard.

Le masque n'est pas "le point de départ de l'altercation"

Mais ce lundi, les avocats de la défense contestent le déroulement des faits. Selon eux, des images de vidéosurveillance montrent le chauffeur asséner le premier coup aux deux jeunes hommes. L'autobus était équipé de "caméras (de surveillance) à l'intérieur comme à l'extérieur qui fonctionnaient simultanément, et elles ont, au détail près, objectivé ce qui s'est passé", affirme Me Thierry Sagardoytho lundi soir au micro de BFMTV.

"Ce n'est pas l'expression de la défense qui le démontre, ce sont les caméras. Ces caméras nous permettent de démontrer, à la seconde près, l'enchaînement des faits", affirme l'avocat, qui dit avoir vu les images "à travers le procès-verbal".

Les images de la vidéosurveillance "établissent que le chauffeur (...) s'approche des quatre garçons assis à l'arrière et assène, à 19h07, un violent coup de tête au visage de mon client", a également indiqué Me Thierry Sagardoytho à l'AFP, confirmant des informations du journal La République des Pyrénées. Les deux avocats jugent "possible" d'obtenir une requalification des faits en "coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner".

"Ce que nous constatons est exactement la même chose qui a été racontée par les policiers. Ces jeunes hommes étaient assis à l'arrière, ils ne portaient certes pas le masque, comme d'autres passagers de ce même bus. Autrement dit, il ne semble pas que cette histoire de masque soit le point de départ ou en tout cas l'explication à une quelconque altercation", assure l'avocat d'un des deux jeunes hommes sur BFMTV.

"Il y a peut-être des mots déplacés qui ont été tenus", reconnaît l'avocat sur notre antenne. "Mais, on le dit souvent, quand des gestes de violence sont portés, on n'en maîtrise jamais l'issue. Ce jeune homme n'a jamais voulu la mort de ce conducteur de bus, qu'il ne connaissait pas et il le répètera demain (mardi), preuve à l'appui".

Un jeune homme de 22 ans entendu ce mardi

Son client, l'un des deux mis en examen pour "homicide volontaire", âgé de 22 ans, sera entendu mardi pour la première fois sur le fond par la juge d'instruction saisie du dossier, à Bayonne.

Interrogé par l'AFP, Me Alexandre Novion, avocat de l'épouse et des trois filles du chauffeur décédé, a estimé que ces "gens incapables de présenter la moindre compassion" sont "à la recherche de l'alibi le plus invraisemblable pour justifier leur déferlement de haine".

"On a donc un système de défense qui consiste à dire que c'est la victime qui l'a bien cherché", a-t-il ajouté en précisant qu'il n'avait "pas eu accès à ces images".

Pour les avocats de la défense, le parquet de Bayonne a "fait l'impasse" sur ces images, "versées au dossier depuis le 6 juillet". Ils ont demandé à la juge d'avoir "accès à l'intégralité des images". Deux autres protagonistes ont été mis en examen dans ce dossier et écroués pour "non-assistance à personne en danger".

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV