BFMTV

Caricatures de Mahomet : deux plaintes déposées

L’Association syrienne pour la liberté est à l'origine de la plainte visant le journal satirique Charlie Hebdo.

L’Association syrienne pour la liberté est à l'origine de la plainte visant le journal satirique Charlie Hebdo. - -

Alors que le monde musulman s'élève contre la publication de nouvelles caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo, deux plaintes ont déjà été déposées contre le journal.

Deux plaintes ont été déposées mercredi, à Paris et à Meaux, contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, pour la publication de nouvelles caricatures du prophète Mahomet.

Association syrienne pour la liberté

"Provocation à la haine". Voilà l’intitulé de la première plainte déposée mercredi après-midi au parquet de Paris contre le journal satirique Charlie Hebdo, suite à la publication de caricature de Mahomet dans sa dernière édition.

La plainte a été enregistrée au nom de l’Association syrienne pour la liberté, qui se dit domiciliée rue des Pyrénées, dans le XXe arrondissement de Paris.

L’association a été déclarée le 25 février dernier au Journal Officiel et dit avoir pour but de "défendre les droits de l’homme en Syrie" et agir pour une "aide humanitaire au peuple syrien".

"Huile sur le feu"

Selon le texte de la plainte, l’association estime que Charlie Hebdo "a décidé de jeter de l'huile sur le feu en diffusant une caricature" du prophète Mohammed. Les plaignants accusent notamment l'hebdomadaire de "provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence nationale, raciale ou religieuse" ou encore de "diffamation publique raciale, religieuse".

"Nous voulons éviter avec cette plainte que les musulmans ne participent à des manifestations violentes dans la rue", a indiqué le conseiller juridique de l'association, Mohamed Iriqat. "Mais la liberté d'expression a ses limites, si elle encourage la haine".

Plainte "fantaisiste"

De son côté, l'avocat de Charlie Hebdo, Richard Malka, a jugé que cette plainte semblait "plus fantaisiste" que les dessins de l'hebdomadaire satirique. "On est dans le n'importe quoi. A mon avis, il va y avoir un sérieux problème de recevabilité", a-t-il estimé.
La plainte a été enregistrée par le parquet, qui décidera des éventuelles suites judiciaires à lui donner.

Par ailleurs, une seconde plainte a été déposée mercredi soir, à Meaux (Seine-et-Marne) pour "diffamation" et "injure publique".

Depuis mardi soir, Charlie Hebdo est sous le feu des critiques du monde musulman pour la publication de nouvelles caricatures du prophète Mahomet, dont l’islam interdit toute représentation. L’affaire surgit un an après la parution de premières caricatures dans un numéro spécial de Charlie Hebdo, renommé pour l'occasion "Charia Hebdo", qui avait donné lieu à l’incendie de la rédaction du journal.

A. S. avec AFP