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Booba-Kaaris: face à face à la barre

Booba, Kaaris et neuf autres prévenus sont jugés devant le tribunal correctionnel de Créteil pour la bagarre géante du 1er août à l'aéroport d'Orly. Les deux camps se rejettent la faute de l'initiative de cette rixe.

Pas un regard. Jusque dans la salle d'audience du palais de justice de Créteil, Booba et Kaaris ont respecté leur contrôle judiciaire qui leur stipule de n'entretenir aucun contact. Les deux rappeurs et 9 membres de leur "clan" respectif étaient jugés ce jeudi après-midi au tribunal correctionnel pour "violences aggravées" et "vols en réunion" après la bagarre géante à l'aéroport d'Orly au début du mois d'août. La tension de ce 1er août s'est déplacée ce jeudi dans le camp des avocats des deux parties.

Chemise à carreaux noirs et blancs pour l'une, blanche pour l'autre, Booba et Kaaris sont arrivés par deux entrées différentes pour éviter que les deux rappeurs ne se rencontrent.

"Je regrette pour toutes les personnes que j’ai heurté"

Après un début d'audience perturbé par des problèmes d'organisation et notamment la présence d'un traducteur en anglais pour l'un des prévenus, Daniel Toussaint, plus connu sous le nom de Gato da bato, soutien de Booba, la présidente du tribunal correctionnel de Créteil a rejeté les demandes de report d'audience déposée par les deux camps. La justice a alors commencé l'examen de l'affaire avec le rappel des faits puis le visionnage des différentes vidéos de la bagarre.

"Je regrette pour toutes les personnes que j’ai heurté... Je présente mes excuses à tous ceux qui ont pu être heurté par ces images et à ceux qui étaient là. Je ne suis pas à l’origine de cette rixe. J’ai dû me défendre, j’ai dû porter des coups. Je suis aujourd’hui dans une position d’apaisement", a déclaré Kaaris en préambule.

"Je me suis senti encerclé"

Car tout l'enjeu de ce procès est de déterminer qui est à l'origine de cette altercation qui a fait plus de 50.000 euros de dégâts dans une boutique duty free du Hall 1 de l'aéroport d'Orly. Face à la cour, et au public qui a pris d'assaut les 120 places disponibles, Booba s'est expliqué pour la première fois sur le début de cette rixe et a, lui-aussi, rejeté la faute au camp adverse. Interrogé par la présidente pour savoir si c'est lui qui a lancé les hostilités: "Je le touche pas avec le 1er coup, c’est un coup d’intimidation, j’étais encerclé", répond "le Duc de Boulogne".

Et de poursuivre: "J’ai vu Kaaris qui bloquait la route en face de moi au milieu du couloir, je savais ce qui allait se passer vu qu’il a fait une vidéo où il a dit qu’il allait boire mon sang... A ce moment là je m’attends à une attaque. (...) C’est stupide de se battre dans un aéroport. J’aurais bien aimé que ça se passe autrement mais je me suis senti encerclé."

Le procès de Booba, Kaaris et des neuf autres prévenus doit se poursuivre tard dans la soirée.