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Police-Justice

Bonbonnes de gaz dans une voiture: deux couples en garde à vue, des bidons d'essence retrouvés

Un second couple de suspects a été placé en garde à vue mercredi soir. Deux individus avaient déjà été interpellés après la découverte d'une voiture contenant sept bonbonnes de gaz et trois bidons d'essence, dans le 5e arrondissement de Paris. Un quartier très touristique et très surveillé.

Un second couple de suspects a été placé en garde à vue mercredi soir, selon BFMTV, après la découverte, dimanche, d'un véhicule rempli de bonbonnes de gaz près de la cathédrale Notre-Dame de Paris dans le quartier très touristique du Vème arrondissement. Mardi, un premier couple a été arrêté sur une aire d'autoroute près d'Orange, dans le Vaucluse. Outre les sept bonbonnes de gaz, les policiers ont retrouvé trois bidons d'essence et des documents écrits en arabe.

Le premier couple est entendu depuis mercredi au 36 quai des Orfèvres: il s'agit d'un homme de 34 ans et d'une femme de 29 ans. Tous deux sont connus des services de renseignement pour s'être montrés favorables aux thèses de Daesh. Ils font l'objet d'une fiche S. Ces gardes à vue peuvent durer jusqu'à 96 heures. La brigade criminelle et la Direction générale de sécurité intérieure (DGSI) ont été saisies.

Selon nos informations, l'homme du second couple interpellé n'est autre que le frère du premier suspect. L'homme et la femme sont âgés de 27 et 26 ans et sont originaires du Loiret. Par ailleurs, plusieurs personnes sont recherchées dont deux des filles du propriétaire du véhicule. Ce dernier a été brièvement entendu par les policiers mercredi. Connu pour des faits anciens de prosélytisme, il a été relâché en l'absence d'éléments contre lui. Ses filles ont elles été repérées pour leur radicalisation.

Pas de détonateur

Vers 7 heures du matin dimanche, un riverain a alerté la police de la présence d'une Peugeot 607 mal garée dans la rue de la Bûcherie, les feux allumés. Sur le siège, il avait repéré une bonbonne de gaz ainsi que des documents écrits en arabe. Les démineurs se sont rendus sur place et ont découvert les sept bonbonnes, une vide dans l'habitacle et six autres pleines dans le coffre. Aucun détonateur ou dispositif de mise à feu n'a été retrouvé dans cette voiture qui n'est pas signalée comme volée. Les plaques d'immatriculation étaient retirées.

Bernard Cazeneuve n'a pas souhaité s'exprimer précisément sur cette affaire, renvoyant vers le procureur de la République de Paris, François Molins. "C'est dans le cadre de cette vigilance", que ce couple a été arrêté, précise le ministre de l'Intérieur qui a rappelé la mobilisation des services de renseignements et de police qui travaillent "avec une intensité inégalée" dans le cadre d'"une menace extrêmement élevée".

"Depuis le début de l'année, nous avons arrêté 260 personnes, la plupart incarcérées, et qui préparaient, pour un nombre significatif de ces personnes, des attentats ou des actes susceptibles d'occasionner des drames", rappelle le ministre.

Le véhicule a stationné pendant près de "deux heures"

Florence Berthout, maire LR du Vème arrondissement de Paris en a été informée lundi. "Le véhicule est resté stationné pendant pratiquement deux heures, d'après mes informations", dans une zone où le stationnement "est interdit", détaille l'élue sur BFMTV. 

Elle déplore une "difficulté d'appréhension de la menace" terroriste. "Nous avons des forces de l'ordre qui sont fatiguées et qui n'ont pas le don d'ubiquité (...) il faut renforcer les effectifs", plaide Florence Berthout. Elle décrit des "quartiers historiques (qui) sont extrêmement fréquentés", c'est "aussi un lieu majeur de la vie universitaire".

"Beaucoup de dégâts"

La crainte d'un incident se fait également ressentir chez les commerçants qui ont assisté à la scène. "Vers 2h30/3h, une Peugeot 607 s'est garée au niveau de la rue de la Huchette, juste à côté du petit pont, raconte l'un d'entre eux. Un monsieur est sorti de la voiture, en marchant tout simplement. La voiture était en warning et sans plaques d'immatriculation." Il explique comment lui et ses collègues ont commencé à s'inquiéter et qu'à deux reprises ils ont appelé la police. "Quand il a garé la voiture il y avait du monde et ça aurait pu faire beaucoup de dégâts", prévient-il.

Cette découverte inquiète d'autant plus que les autorités redoutent un attentat à la voiture piégée sur le sol français. "Dès que (les terroristes) auront projeté sur notre territoire des artificiers, ils pourront éviter de sacrifier leurs combattants tout en créant le maximum de dégâts", estimait Patrick Calvar, le directeur général de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), en mai dernier lors d'une audition devant la commission d'enquête parlementaire relative aux moyens mis en oeuvre par l'Etat pour lutter contre le terrorisme.

J.C. avec Cécile Ollivier et Sarah-Lou Cohen