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Blanchiment d’argent : une élue parisienne mise en examen

Florence Lamblin

Florence Lamblin - -

Une adjointe au maire du 13eme arrondissement de Paris a été mise en examen, comme huit autres personnes, vendredi soir pour blanchiment d'argent en bande organisée.

Neuf personnes, dont une élue parisienne EELV, ont été mises en examen pour blanchiment en bande organisée et association de malfaiteurs, a-t-on appris samedi de source judiciaire et confirmant une information d'Europe 1.

Huit d'entre eux, dont l'élue Florence Lamblin, adjointe au maire du XIIIe arrondissement de Paris, sont placés sous contrôle judiciaire avec un cautionnement allant de 80.000 à un million d'euros, a précisé cette source. Il s'agirait du plus important coup de filet anti-blanchiment réalisé par la police française, qui estime à 40 millions d'euros le volume d'argent blanchi sur les cinq derniers mois, a affirmé une source policière.

Deux hommes ont été placés en détention à Genève, suite à cette affaire, selon un communiqué du Ministère public genevois.

Florence Lamblin dément toute participation à cette affaire. "Je n'ai rien à voir là-dedans" a-t-elle déclaré à France Inter.

EXCLU @f_inter Florence Lamblin, élue écolo mise en examen pour blanchiment d'argent de la drogue "je n'ai rien à voir là dedans"

Le maire du XIIIème demande à l'élue de se "mettre en retrait"

Le maire du XIIIe arrondissement de Paris, Jérôme Cousset (PS), a annoncé samedi qu'il demandait à son adjointe écologiste mise en examen pour blanchiment d'argent de la drogue, Florence Lamblin, "de se mettre en retrait de ses fonctions d'élue".

"Au regard de la gravité des faits et constatant la mise en examen de Florence Lamblin, je lui ai demandé, sans préjuger de la suite judiciaire, de se mettre en retrait de ses fonctions d'élue", déclare Jérôme Cousset dans un bref communiqué.

Yves Contassot : "Elle n'y est pour rien"

De son côté, le conseiller de Paris EELV Yves Contassot évoque au téléphone avec BFMTV "une manipulation". Dans un SMS, Florence Lamblin lui a assuré qu'elle "n'est absolument pour rien" dans cette affaire.


Mercredi, les autorités judiciaires françaises et suisses avaient annoncé avoir démantelé un réseau de blanchiment de fonds liés à un trafic de drogue en France et en Suisse.

17 personnes avaient été interpellées en France et plusieurs millions d'euros en espèces et biens de valeur saisis. En Suisse, trois responsables du réseau de blanchiment avaient été interpellés à Genève.

Une enquête débutée en février

A l'origine de cette affaire, une enquête lancée à Nanterre en février et transférée à Paris, a mis au jour un réseau d'importation de cannabis entre le Maroc, l'Espagne et la région parisienne.

Cette structure partait de l'organisateur du trafic de drogue en France qui remettait les bénéfices à des collecteurs de fonds qui les transmettaient à un collecteur central.

Ce dernier payait les trafiquants espagnols et réinjectait la plus grande partie des fonds dans un circuit de blanchiment "orchestré depuis plusieurs années avec plusieurs membres de sa famille", selon le parquet.

Ces espèces étaient remises à des clients souhaitant disposer d'argent liquide en France et ayant des comptes ouverts en Suisse dans une société financière "appartenant à la famille des blanchisseurs".

"Les principaux protagonistes suspectés d'avoir organisé ce réseau sont des citoyens suisses de Genève et français de Paris, appartenant à la même famille d'origine marocaine", a précisé un communiqué du ministère public genevois.

Des millions d'euros saisis

Ces sommes étaient in fine transférées sur des comptes bancaires à l'étranger pour revenir aux organisateurs du trafic.

En France, ont été notamment saisis plus d'un million d'euros en espèces et deux photos d'art d'une valeur d'un million d'euros ainsi que des armes.

A Genève, ont été saisis plus d'un million de francs suisses - dissimulés dans une chambre forte derrière une penderie -, ainsi que 160 montres et des bijoux de grande valeur d'une estimation totale de près de 2 millions de francs suisses, selon les autorités suisses.