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Bientôt des drones à la place des caméras de vidéosurveillance à Asnières?

(image d'illustration)

(image d'illustration) - Don McCullough-Flickr

Le maire d'Asnières-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine, souhaite faire usage de drones. L'élu estime qu'ils résoudraient les problèmes de délinquance dans sa commune. Mais son point de vue ne fait pas l'unanimité.

Des drones pour lutter contre la délinquance. Manuel Aeschlimann, le maire LR d'Asnières, dans les Hauts-de-Seine, qui a déjà installé près de 75 de caméras de vidéosurveillance dans les rues de sa ville, envisage d'acquérir des drones pour compléter son dispositif. 

"On se rend compte que, sauf à doter chaque coin de rue de vidéoprotection - c'est matériellement pas faisable - on doit se tourner vers des moyens de vidéo-protection mobile, a-t-il assuré sur RMC. Et pour ça, les drones sont les outils techniques les plus adaptés. La présence humaine est limitée, l'État manque de moyens. C'est un outil supplémentaire."

"C'est une atteinte totale à la vie privée"

L'utilisation de drones est autorisée pour les services de douanes, de sécurité publique et civile. Au printemps dernier, la préfecture de police de Paris annonçait qu'elle s'apprêtait à faire l'acquisition de deux drones pour des missions de surveillance. La gendarmerie nationale s'est également équipée. Si les pompiers en font déjà usage pour cartographier des feux de forêts, ces derniers ont commencé à expérimenter la pratique en milieu urbain. Pourtant, l'initiative ne fait pas l'unanimité. Un concept de "surveillance généralisée" qui fait frémir Henri Leclerc, avocat et président d'honneur de la Ligue des droits de l'homme. 

"Bien au-delà de la caméra, nous sommes dans une surveillance aléatoire, invisible, qui passe partout, qui surveille tout, s'est alarmé le ténor du barreau sur RMC. Nous entrons dans une société où tout individu doit s'exposer en permanence aux autorités pour savoir ce qu'il fait. Ce n'est pas le maire qui peut avoir un tel pouvoir. C'est une atteinte totale à la vie privée."

"Les caméras mobiles ou fixes ne sont qu'un outil"

Il n'est pas le seul à s'inquiéter de la mise en place d'une telle pratique. Alain Bauer, professeur en criminologie au Conservatoire des arts et métiers, est du même avis. Il estime que la technologie doit rester au service des forces de l'ordre et que sans moyens humains, elle est inefficace.

"Les caméras, qu'elles soient mobiles ou fixes, ne sont qu'un outil. Elles fournissent de la matière mais il faut savoir où chercher et pour cela il faut des hommes sur le terrain pour faire du renseignement effectif", a-t-il expliqué à Europe1.

Pour obtenir une autorisation, le maire d'Asnières envisage de soumettre son projet à la commission départementale de vidéoprotection et devra convaincre le préfet, des juristes et la Commission nationale de l'informatique et des libertés de l'utilité de ces drones. Sans compter qu'il devra assurer que la vie privée des citoyens sera respectée en floutant toutes les parties privatives.

Si la maire de Paris Anne Hidalgo a annoncé dimanche que la "pratique du drone amateur" serait autorisée à l'hippodrome de Longchamp et dans le parc de la Villette une fois par mois, il reste interdit de faire voler un drone "au-dessus de l'espace public en agglomération".

C.H.A.