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Avec la sécheresse, des vols de foin constatés chez des agriculteurs

Dans le Puy-de-Dôme, dans le Doubs ou en Corrèze, des agriculteurs ont eu la désagréable surprise de se faire subtiliser du foin, en botte ou pas encore coupé. Une conséquence directe de la sécheresse, assure un maraîcher auprès de BFMTV.

Un maraîcher de Pionsat, dans le Puy-de-Dôme, a eu la mauvaise surprise mercredi dernier de découvrir l'herbe de l'un de ses champs disparue, fauchée et ramassée en catimini pendant la nuit. Comme lui, plusieurs témoignages de vols de foin ont été recensés ces dernières semaines, alors que le secteur connaît en ce moment une crise fourragère en raison de la sécheresse.

Un voleur qui connaissait les lieux

Lorsque Laurent Campos-Hugueney est arrivé sur l'une de ses parcelles isolée le long d'un bois et éloigné des habitations, à cheval entre Pionsat et Saint-Fargeol (Allier), il a découvert "une étendue coupée, fauchée, sans botte, sans rien", raconte-t-il à BFMTV. Il a d'abord cru que "quelqu'un s'était trompé de parcelle" et avait coupé par mégarde 10 des 12 hectares de la parcelle lui appartenant, avant de se rendre à l'évidence: "Ca ne pouvait pas être une erreur".

L'agriculteur converti en bio, qui comptait exploiter ce champ en fermage l'année prochaine pour produire de la farine de céréales anciennes, prévoyait cette année d'en faire profiter un éleveur de chèvres voisin, en manque de fourrage. Il estime le préjudice subi à entre 10 et 15 bottes par hectare, soit au total entre 100 et 150 bottes de foin dérobées.

"C'est des gens qui connaissaient l'endroit. Ils se sont arrêtés pile poil à l'endroit où la qualité est la meilleure. Ils ont vraiment rasé le roncier très près, sans le toucher", nous précise le maraîcher.

Loi de la jungle

D'après lui, les vols se multiplient dans son secteur à cause des sécheresses répétées ces trois dernières années: 

"Cet hiver on n'a pas eu d'eau, en juin on a eu une grosse canicule... Et toujours pas d'eau. Avec ça, l'herbe ne pousse pas", regrette Laurent Campos-Hugueney.

"C'est révoltant. C'est la loi de la jungle, celle du plus fort et cela porte atteinte à la profession", lance-t-il également, désabusé. Depuis, une exploitante agricole se serait présentée aux gendarmes et aurait prétexté un malentendu sur une location parcelle, d'après le journal local La Montagne. Elle s'est dite prête à rendre les 40 bottes de foin récoltées.

Un phénomène en expansion?

Si le phénomène inquiète les professionnels, c'est qu'il ne paraît pas isolé. En avril également, un agriculteur de Corrèze a constaté que des bottes de foin étaient volées régulièrement de son exploitation. Il a déposé plainte, rapporte France Bleu. Plus récemment, un agriculteur du Doubs s'est aussi fait subtiliser 10 tonnes de foin, d'après L'Est Républicain.

"En 30 ans de métier, je n’avais jamais vu ni entendu parler d’un truc pareil", a-t-il déclaré au quotidien.

Esther Paolini avec AFP