BFMTV

Attentat de Nice: le tueur "a bénéficié de soutien et de complicité", selon le procureur de la République de Paris

L'auteur de l'attentat du 14 juillet à Nice a pu bénéficier de complicités et "semble avoir envisagé et mûri plusieurs mois avant son passage à l'acte", a indiqué le procureur de la République de Paris, François Molins, lors d'une conférence de presse jeudi.

Une semaine après l'attentat qui a coûté la vie à 84 personnes le 14 juillet à Nice, l'enquête connaît des "avancées notables", a indiqué le procureur de la République de Paris François Molins jeudi.

Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire et demandé le placement en détention des cinq suspects - quatre hommes et une femme - arrêtés dans l'enquête et qui n'étaient "pas connus des services spécialisés de renseignement", a-t-il annoncé lors d'une conférence de presse en fin d'après-midi.

Une information judiciaire ouverte

Il s'agit de Ramzi A., franco-tunisien né le 28 novembre 1994 à Nice, de Chokri C., Tunisien né le 11 juillet 1979, d'Artan H., Albanais né le 30 janvier 1978, de Mohamed Oualid G., franco-tunisien né le 19 février 1976 et d'Enkeledja Z., née le 3 mars 1974, de nationalité française et albanaise.

"Le parquet a ouvert à la mi-journée une information judiciaire des chefs de participation à une association de malfaiteurs terroristes, en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes d'atteinte aux personnes", du "chef d'assassinat et complicité d'assassinat en bande organisée, du chef de tentative et complicité de tentative d'assassinat en bande organisée et sur personne dépositaire de l'ordre public, du chef d'acquisition, détention et cession d'armes de catégorie A et B en bande organisée, du chef de port et transport d'armes de catégorie A et B", a déclaré le procureur.  Toutes ces infractions "étant en relation avec une entreprise terroriste", a-t-il précisé. 

"Soutiens" et "complicités"

Mohamed Lahouaiej Bouhlel, l'auteur de l'attentat, "a bénéficié de soutiens et de complicités", a par ailleurs indiqué François Molins alors que les cinq suspects étaient "toujours interrogés en vue de leur mise en examen".

"Les investigations menées depuis la nuit du 14 juillet dernier n'ont cessé d'avancer et ont permis non seulement de confirmer plus encore le caractère prémédité du passage à l'acte mortifère de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, mais également d'établir que ce dernier avait pu bénéficier de soutiens et de complicités dans la préparation et la commission de son acte criminel", a souligné le procureur.

C'est grâce à des "éléments de téléphonie" que les cinq suspects ont été interpellés.

"L'exploitation de la téléphonie a pu établir de nombreux contacts entre eux", a souligné le procureur, précisant que les liens entre Lahouaiej Bouhlel et ses complices présumés "transparaissent aussi sur les éléments dans le camion et sur la fourniture d'armes".

Passage à l'acte "mûri plusieurs mois avant"

Le tueur semble avoir envisagé son passage à l'acte "plusieurs mois avant" a aussi souligné le procureur de la République de Paris. "La poursuite des exploitations téléphoniques et informatiques a permis de découvrir sur un téléphone du terroriste plusieurs clichés révélateurs", a-t-il détaillé.

Ont notamment été retrouvés "un cliché du 25 mai 2015, qui est photographie d’un article 'Captagon, potion magique des combattants'"'. Ou "une photographie, en date du 14 juillet 2015, du feu d’artifice de Nice. Puis le 17 juillet 2015, d’un concert sur la promenade des Anglais avec divers zooms sur la foule". Et "une photo, le 15 août 2015, du feu d’artifice, toujours avec un focus sur la foule".

Ont aussi été découvertes une "photographie du 1er janvier 2016 d'un article journal Nice Matin du même jour, intitulé 'Il fonce volontairement sur la terrasse d’un restaurant'", "une photographie du 9 juillet 2016 d’un article internet relatif au fait commis à Paris contre le commissariat du 18e arrondissement, intitulé 'L’homme tué devant le commissariat de Barbès est un Tunisien''', et enfin "une photographie du 24 janvier 2016 d’une intervention télévisée d’un professeur de médecine relative aux attentats de Paris".

Le procureur a enfin indiqué que le pronostic vital de "15 victimes" était toujours engagé et que "330 victimes" avaient été hospitalisées. 

V.R.