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Attentat à Nice: polémique sur la sécurité dans la ville le 14 juillet 

Cinq jours après l'attaque sur la promenade des Anglais, qui a fait au moins 84 morts, certains évoquent les failles dans le dispositif policier mis en place pour le feu d'artifice.

Christian Estrosi parlait, quelques heures seulement après le terrible drame qui a touché Nice, d'"un mensonge d'Etat" sur les effectifs policiers présents ce 14 juillet dans la ville. Cinq jours plus tard, la polémique se poursuit, relancée notamment par un article du Canard Enchaîné. Selon l'hebdomadaire satirique, il y avait bien entre 55 et 64 agents de la police nationale le soir de l'attentat à Nice. 

L'ex-maire de la ville et désormais président de la région PACA n'en avait vu que la moitié, se basant sur... le visionnage "des images des caméras de surveillance", précise le journal. "Le maire n’a pas la connaissance précise des effectifs déployés (de la police nationale, NDLR)", réaffirme mercredi matin sur BFMTV, Philippe Pradal, le premier édile de Nice, assurant que le dispositif de sécurité s'exerce "sous l'autorité de la police nationale", donc du ministère de l'Intérieur.

Le chef de la police municipale absent du terrain

Selon nos informations, le soir du feu d'artifice, six policiers municipaux étaient présents au centre de surveillance. Trois étaient affectés au visionnage des caméras de surveillance installées dans la ville. 42 autres, sur les 390 que comptent la ville, sécurisaient la promenade qui accueillait ce soir-là 30.000 personnes. Par ailleurs, le chef de la police municipale, Jean-Michel Truglio, n'était pas sur le terrain ce soir-là, précise le consultant police-justice de BFMTV, Dominique Rizet.

Christian Estrosi n'en démord pas. Mardi le président de la région PACA "affirme avec certitude qu'il existe depuis plus de deux ans un déficit de 100 policiers nationaux à Nice, encore plus criant l'été alors que nous accueillons plus de 200.000 visiteurs par jour dans notre ville". Et de préciser que les effectifs le 14-Juillet était moins nombreux que l'an dernier.

Outre cette question d'effectifs, le Canard Enchaîné note que l'installation de plots en béton sur la promenade des Anglais, comme ce fut le cas pendant l'Euro, aurait pu stopper le camion. Si la mairie explique ne pas avoir reçu de consignes en ce sens de la part de la préfecture, il a été choisi de stationner des véhicules de police en travers de la chaussée. Mohamed Lahouaiej- Bouhlel a fauché la foule en circulant sur les trottoirs. 

Même polémique à Cannes

Alors que les policiers disent avoir fait face à une attaque d'un nouveau genre, la polémique sur les effectifs de sécurité a atteint Cannes. La municipalité de la voisine cannoise a décidé d'annuler le feu d'artifice qui devait avoir lieu jeudi. Hormis, le symbole - l'événement aurait eu lieu une semaine jour pour jour après l'attentat - le maire LR de la ville justifie cette décision en mettant en avant le manque de renfort de policiers.

"Je constate qu’il y a zéro renfort de police nationale à Cannes sur les plages mais dans toute la ville", a déploré sur BFMTV David Lisnard, expliquant qu'il s'agissait d'une première dans l'histoire de Cannes. Assurant "pallier une carence de l'Etat au-delà de nos compétences immédiates", il précise également avoir "dû recruter des policiers municipaux, armés et gilets pare-balles". "J'ai ajouté un poste de secours et des policiers nageurs-sauveteurs", poursuit-il. De son côté, la préfecture est en train de redéployer des CRS et des gendarmes à Cannes.

J.C. avec Cécile Ollivier