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Attaque au couteau à Paris: qui est Hakim A., l'ami de Khamzat Azimov?

Un homme a été arrêté à Strasbourg dans l'enquête sur l'attaque au couteau à Paris

Un homme a été arrêté à Strasbourg dans l'enquête sur l'attaque au couteau à Paris - Patrick Hertzog - AFP

Les deux jeunes hommes étaient dans la même classe au lycée. Leurs anciens camarades dressent le portrait de deux amis inséparables et différents.

"J’en voyais un, je voyais tout le temps l’autre avec": c’est ainsi qu’un ancien camarade de classe évoque les liens entre Khamzat Azimov, l’auteur de l’attaque au couteau qui a fait un mort et quatre blessés samedi à Paris, et l’un de ses amis placé en garde à vue. On en sait un peu plus sur ce dernier, arrêté à Strasbourg dimanche et transféré au siège de la DGSI lundi.

Plusieurs points communs unissent les deux jeunes hommes: tous les deux sont d’origine tchétchène, et tous les deux sont nés en 1997. Ils étaient dans la même classe au lycée Marie-Curie, à Strasbourg. Deux amis aussi inséparables que différents, comme l’explique leur ancien camarade à BFMTV:

"En cours ils étaient tout le temps ensemble. Khamzat, c’était quelqu’un d’un petit peu passif, d’un petit peu naïf, béat, quelqu’un de super gentil mais quelqu’un de serviable. Ce n’était pas la personne qui va chercher des problèmes, qui va renier l’autorité ou autre. (Hakim A.) était également gentil mais il était un petit peu plus malin. Ce n’était pas la personne idiote, ce n’était pas la personne qu’on va essayer d’embobiner."

Il précise néanmoins que tous les deux n’étaient "pas des perturbateurs (…) ce n’était pas le genre de personne qu’on allait convoquer."

Marié à une femme radicalisée

Hakim était-il au courant des projets de son ami? A-t-il joué un rôle ? Le jeune homme semble en tout cas avoir tenu une place importante dans la vie du terroriste. C'est d'ailleurs lui qui avait mis Khamzat Azimov sur la route de la DGSI. Ce dernier avait été entendu il y a un an en raison de ses liens avec le jeune homme. Hakim A. est bien connu des services de renseignement; il a épousé religieusement une jeune femme radicalisée, qui avait tenté de rejoindre la Syrie en 21017.

Pourtant, Hakim A. ne semblait pas lui-même endoctriné selon ses camarades:

"Il portait la barbe et les cheveux longs, mais juste parce que ça lui donnait un style", indique l’un d’entre eux à BFMTV. "Il était croyant, mais des fois quand ils parlait de Syrie il disait que c'était pas bien, il était contre Daesh, c'est ce qu'il nous disait."

C'est le discours qu'il a tenu face aux enquêteurs. Il s'est présenté comme un musulman pratiquant et modéré ne cautionnant pas les attentats. Il dit ne pas avoir eu de contacts récents avec l'assaillant de Paris.

Son domicile perquisitionné

Le domicile de Hakim A. a fait l’objet d’une perquisition après son arrestation. Les policiers avaient quitté l'immeuble en début de soirée, encadrant le jeune homme menotté, le visage également dissimulé par une cagoule et portant un t-shirt noir avec l'inscription "Defend Grozny" et le dessin d'une kalachnikov sérigraphiés.

Une policière a quitté les lieux en portant un sac contenant un ordinateur. Une source proche du dossier a indiqué qu’il est "l’individu le plus proche" de l’auteur de l’attaque. Selon des témoins, ce dernier a crié "Allahou akbar" avant d’être abattu par la police. L’attaque a été revendiquée quelques heures après par Daesh.

B.P. avec Perrine Vasque