BFMTV

Après quatre soirs de tensions et une intervention du Raid, retour au calme à Dijon

Les forces de l'ordre en intervention dans le quartier de Gresilles, à Dijon, le 15 juin 2020.

Les forces de l'ordre en intervention dans le quartier de Gresilles, à Dijon, le 15 juin 2020. - Philippe DESMAZES / AFP

Le quartier sensible dijonnais des Grésilles est le théâtre de violences depuis quatre jours, notamment avec des membres de la communauté tchétchène. Quatre personnes ont été interpellées et Laurent Nuñez est attendu sur place ce mardi.

Après quatre soirées de tensions, les violences ont été écourtées vers 22 heures ce lundi dans le quartier sensible des Grésilles, à Dijon. Un apaisement possible grâce à l'intervention de 150 agents des forces de l'ordre et des équipes du Raid.

La zone reste toutefois sous étroite surveillance. Laurent Nuñez, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur, est attendu sur place ce mardi dans l'après-midi, a indiqué la préfecture.

Barres de fer et armes de poing

Lundi, vers 16 heures, dans cette ville peu habituée à ce genre de troubles, des dizaines de personnes armées de barres de fer et d'armes de poing, dont on ne sait si elles sont factices ou non, se sont rassemblées dans le quartier des Grésilles. 

Ces hommes cagoulés pour la plupart ont tiré en l'air, détruit des caméras de vidéo-protection et incendié poubelles et véhicules. Une équipe de journalistes de France 3 "a été prise à partie et son véhicule caillassé" et un conducteur a été "agressé et son véhicule projeté contre un barricade enflammée", selon la préfecture.

Vers 20h30, 60 gendarmes mobiles, une quarantaine de CRS et des renforts de la brigade anticriminalité (BAC), ainsi que du Raid, sont intervenus afin de mettre fin aux violences. "Une centaine d'opposants" se trouvaient alors face aux forces de l'ordre, a indiqué le préfet de Côte-d'Or Bernard Schmeltz.

Quatre interpellations

L'intervention s'est terminée vers 22 heures, ne laissant que quelques carcasses calcinées de poubelles et de véhicules dans le quartier redevenu calme. Quatre personnes ont été interpellées, précise la préfecture.

Selon le préfet Schmeltz, les personnes incriminées n'appartenaient pas à la communauté tchétchène, contrairement à ces trois derniers jours où plusieurs dizaines voire centaines d'entre eux s'étaient rassemblées dans le centre-ville de Dijon puis aux Grésilles pour y mener des attaques ciblées dans le cadre d'un apparent règlement de comptes.

"Nous n'avons identifié aucune présence extérieure, ce sont des personnes originaires de Dijon", a assuré le préfet au sujet des personnes rassemblées lundi soir.

Guerre de territoire

Des sources policières affirment que ces nouvelles violences étaient le fait de personnes voulant défendre leur "territoire" contre les incursions répétées des Tchétchènes.

Dans une interview au quotidien local Le Bien Public, un homme se présentant comme un Tchétchène ayant participé à ces expéditions punitives a confirmé que l'opération visait à venger un "jeune de 16 ans", membre de sa communauté qui aurait été "agressé" par des dealers. 

Dans la soirée, le ministère de l'Intérieur a jugé "inadmissibles" les "violents troubles à l'ordre public et les actes d'intimidation" de ces derniers jours, promettant "une réponse ferme". Une enquête a été ouverte, "en particulier pour tentative de meurtre en bande organisée, dégradations, incitation à la violence", en cosaisine entre la police judiciaire et la sécurité publique.

Esther Paolini avec AFP