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Agression de policiers à Joué-lès-Tours: un "geste de désespoir" selon une connaissance

Un homme a agressé trois policiers samedi à Joué-lès-Tours, avant d'être abattu.

Un homme a agressé trois policiers samedi à Joué-lès-Tours, avant d'être abattu. - BFMTV

L'agresseur des policiers de Joué-lès-Tours s'était récemment converti à l'Islam. Ses connaissances et ses voisins s'étaient aperçus de son isolement. Témoignages.

Bilal. C’est le surnom que se donnait Bertrand, l’agresseur tué samedi dans le commissariat de Joué-lès-Tours lors d'une attaque au couteau contre des policiers. L’homme, né en 1994 au Burundi, s’était récemment converti à l’Islam, peu après son arrivée à dans le village d'Indre-et-Loire. Un homme discret, solitaire, qui se serait radicalisé en fréquentant des sites Internet consacrés au jihad.

Une de ses connaissances, qui a souhaité garder l’anonymat, témoigne pour BFMTV. “Avant, il faisait du rap. C’était un chanteur, ni plus, ni moins. Il y a un an et demi, il a arrêté la musique et a décidé de se convertir dans la religion”, se souvient celui qui a rencontré Bilal quand il avait 16 ans.

“Cet été, on a eu des discussions. Je le trouvais un peu... pas radical ... mais il disait des choses un peu controversées”, ajoute-t-il, confirmant les informations données par d’autres jeunes qui le fréquentaient. “Il était prêt à partir. Il a même fait une tentative. Il est allé jusqu’en Hongrie”.

"On sentait qu'il s'isolait"

Pour cette connaissance, l'agression était “un geste de désespoir”. “Il ne parlait pas beaucoup, ne disait plus rien. On sentait qu’il s’isolait, raconte-t-il. Ca devait être une personne démoralisée.”

Sur sa page Facebook, Bilal affichait le drapeau de Daesh. Drapeau également présent sur son ordinateur. Lorsqu’il a agressé les policiers, samedi, le jeune homme a d’ailleurs crié “Allahou Akbar” (Dieu est plus grand). Pourtant, il fréquentait peu la mosquée. "Quand il s'est converti à l'Islam, il venait presque tous les jours", se souvient Mohammed Abdellau, de l'association des Amis de la mosquée de Joué-lès-Tours. "Après, pendant trois ou quatre mois, il n'est pas venu à la mosquée". Mohammed Abdellau ne connait toutefois pas les raisons qui ont motivé cette absence soudaine, ni à quel moment elle a eu lieu.

"Un jeune homme relativement tranquille"

Khalid Bouguarne, éducateur sportif également interrogé par BFMTV, se souvient lui d'"un jeune homme relativement tranquille, calme, très posé, très poli". "Il avait tout le temps la tête baissée, il ne nous regardait même pas. On ne parlait pas avec lui", raconte une voisine. Un de ses amis précise que Bilal lui aurait dit: "Je compte partir faire le Jihad. J'ai demandé à Dieu".

Trafic de stupéfiants, extorsion, vol à l’étalage ou encore recel. Bilal était connu des services de police pour des faits de droit commun. Mais contrairement à son frère, actuellement au Burundi, la police n’avait pas connaissance de ses positions radicales. 

Selon le procureur de la République, l’auteur de l’agression naviguait entre différents domiciles dont celui de sa sœur, dans le quartier de la Rabière, à Joué-lès-Tours, où des perquisitions ont été menées samedi soir. La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête pour tentative d'assassinat et association de malfaiteurs, le tout en lien avec une entreprise terroriste.

Aude Deraedt avec Lionel Top