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Agression à la prison d'Osny: trois détenus placés en garde à vue

L'agresseur présumé se trouve dans les locaux de la SDAT.

L'agresseur présumé se trouve dans les locaux de la SDAT. - AFP

INFO BFMTV - Trois hommes ont été placés en garde à vue après l'agression de deux surveillants dans le quartier réservé aux détenus radicalisés à la prison d'Osny. Ils auraient été en contact avec l'agresseur présumé juste après les faits.

Trois détenus ont été placés en garde à vue après l'agression dimanche de deux surveillants à la maison d'arrêt d'Osny, a appris BFMTV de source judiciaire. Ces trois prisonniers de l'unité dédié aux détenus radicalisés se trouvaient dans la cour de promenade au moment des faits L'agresseur est lui entendu dans les locaux de la sous-direction de l'anti-terrorisme (SDAT) à Levallois-Perret.

Dimanche, un détenu, qui s'apprêtait à sortir en promenade, a agressé deux surveillants dans le quartier réservé au détenus radicalisés. Sorti de sa cellule avec une serviette enroulée autour du bras, il a brandi une arme blanche d'une trentaine de centimètres pour frapper au cou puis au thorax un des surveillants de la prison d'Osny qui lui demandait de ranger sa serviette. EN plus de cette arme, il avait sur lui un canif, a également appris BFMTV. Alerté par les cris, un collègue est venu le secourir. Blessé, il réussit à s'extirper, avec son collègue.

Projet de partir en Syrie

Les grilles de ce quartier sont fermées et avant sa neutralisation, le détenu va pouvoir circuler pendant trois heures dans les différents étages. Selon nos informations, le surveillant en charge de la vidéosurveillance le voit ensuite aiguiser la lame de son couteau puis plonger son doigt dans le sang du surveillant et dessiner, en souriant, un coeur sur les vitres de l'unité dédiée. Il s'est ensuite dirigé vers la cour de promenade donner de la nourriture à des détenus. Ces derniers qui se trouvent eux-aussi en garde à vue à la SDAT ont tous été condamnés récemment pour des faits de terrorisme.

Lundi, le parquet anti-terroriste de Paris s'est saisi de l'enquête. Les policiers cherchent à savoir si le détenu qui s'en est pris aux deux surveillants a agi seul ou dans le cadre d'un projet concerté. Car l'agresseur présumé est bien connu des services de l'anti-terrorisme. Son processus de radicalisation remonte à 2014, ses deux frères sont eux partis pour la Syrie en 2013 et y auraient trouvé la mort.

Le jeune homme de 24 ans a tenté de rejoindre en voiture la Syrie en janvier 2015, 15 jours après l'attentat contre Charlie Hebdo, avec sa compagne et leur enfant. Deux autres adultes les accompagnent. Sur le chemin, le véhicule tombe en panne en Turquie à 400 kilomètres de la frontière syrienne. Contrôlés, ils sont placés en centre de rétention avant d'être expulsés vers la France en mars 2015. Il est alors condamné à cinq ans de prison. Incarcéré à la prison de Bois-d'Arcy, il avait été transféré il y a trois mois à Osny.

J.C. avec Cécile Ollivier