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Affaire Théo: la vidéo de l'interpellation est "une immense manipulation" selon Dupond-Moretti

Pour l'avocat de Théo L., la vidéo de son interpellation est une "immense manipulation" et ne change rien au fond de l'affaire.

Alors qu'une vidéo des caméras de surveillance de la ville d'Aulnay-sous-Bois sur l'interpellation polémique de Théo L. le 2 février à 2017 a été diffusée lundi par Europe 1, son avocat, Éric Dupond-Moretti, a estimé sur notre antenne que ce document relevait d'une "immense manipulation".

"Qu’est-ce que l’on voit sur ces vidéos ? Rien de neuf en réalité. (...) Les policiers vont l’emmener dans un endroit où il n’y a pas de vidéosurveillance. Ensuite ils vont utiliser la matraque de quelle façon? Pas de la façon classique d’utiliser une matraque, et ça, ça génère l’intromission de cette matraque dans l’anus de ce jeune homme, et provoque le déchirement du gros intestin sur plus de dix centimètres. Alors ils peuvent raconter tout ce qu’ils veulent…", a-t-il indiqué vendredi.

Maître Dupond-Moretti avance que cette vidéo n'apporte "rien de neuf sous le soleil". L'avocat campe ainsi sur ses positions:

"Si ce geste-là, avec l’intromission de la matraque, avec les conséquences physiques et physiologiques que nous savons, ça n’est pas un crime…"

Théo va "comme un jeune homme qui a été violé", insiste-t-il.

Élément intentionnel

Sur le document vidéo qui montre comment le contrôle d'identité a dégénéré, on peut voir l'un des policiers porter le coup qui a entraîné une grave blessure de Théo L. à l'anus. Le rapport de l'IGPN a confirmé que c'est bien la matraque télescopique qui a causé la grave blessure du jeune homme, mais sans retenir "l'élément intentionnel pouvant caractériser le viol".

"Où est-ce qu’il va avec sa matraque ? Comment il s’en sert ? Quels sont les dégâts ?", réplique le ténor du barreau.

Sur la vidéo, le coup porté est très bref et au moment de frapper, les pantalons de la victime, qui se débattait, étaient baissés, laissant apparaître son caleçon. Quelques secondes après, l'interpellé s'écroule, visiblement à cause de la douleur. Contrairement à la version énoncée par Théo L., le pantalon du jeune homme avaient déjà glissé et ce n'est pas le fonctionnaire qui a "baissé [son] pantalon".

Trois des quatre policiers mis en examen dans cette affaire ont été réintégrés.
L.N.