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Affaire Maëlys: l'avocat du suspect affirme que la silhouette de la photo n'est pas celle d'une fillette

Sur notre antenne, l'avocat de Nordhal Lelandais, Alain Jakubowicz, a démonté avec virulence la chronologie des faits telle qu'elle a été présentée par le procureur de la République jeudi dernier. Il a par ailleurs assuré que la silhouette aperçue sur la photo de caméra de vidéosurveillance n'était pas celle d'une enfant mais d'une femme.

Il avait promis de répondre au "réquisitoire télévisuel du procureur de Grenoble". Alain Jakubowicz‏, l'avocat de Nordhal Lelandais, mis en examen pour l'enlèvement et le meurtre de la petite Maëlys, est sorti de son silence ce lundi soir face à Ruth Elkrief. Sur notre antenne, il a sèchement remis en cause, point par point, la chronologie des faits telle qu'elle a été présentée jeudi dernier par le procureur de la République de Grenoble.

Selon ce dernier, la fillette a disparu à 2h45 dans la nuit du 26 au 27 août dernier, avant que Nordhal Lelandais ne mette son téléphone en mode avion à 2h46 et qu'il ne soit aperçu par une caméra de vidéosurveillance du village à 2h47. Or, d'après Alain Jakubowicz, le procureur de la République a "énoncé des choses totalement contraires à la réalité du dossier".

La chronologie des faits remise en cause

"À 2h45, l'heure à laquelle le procureur situe la disparition, la petite Maëlys est avec ses grands-parents au mariage", a-t-il expliqué. "Je m'amuse, je ne rentre pas", aurait dit la fillette à ses grands-parents chez qui elle devait dormir. Alain Jakubowicz a également affirmé que "la soeur de la grand-mère confirme cette heure de 2h45 en indiquant qu'elle a regardé son téléphone portable".

"À cette heure-là, elle va jouer au foot avec la petite Maëlys, dans la salle réservée aux enfants. D'autres témoins confirment qu'à 2h45, l'enfant joue au football", a-t-il ajouté.

Et l'avocat du principal suspect de poursuivre en précisant avec véhémence qu'à trois heures du matin, alors qu'il y a "une vague de départ", la petite Maëlys est toujours "dans la salle et plusieurs témoins viennent le dire. Un des témoins dit: 'elle était avec tout le monde, ils dansaient, ils chantaient'. D'autres témoins partent à 3h10 il n'y a rien d'anormal. Maëlys n'a pas disparu".

Pas de disparition avant avant 3h30?

Toujours selon Alain Jakubowicz, le cousin de la maman de Maëlys quitte le mariage à 3h15. "Au moment où il quitte le mariage, il croise Maëlys. Et Maëlys lui dit 'revoir, fais un bisou à ta fille de ma part'". Le témoin aurait confirmé cette heure à trois reprises.

Selon l'avocat, tous ces témoignages permettent de dire "avec une quasi-certitude qu'avant 3h30, personne ne s'inquiète de la disparition de Maëlys". "À cette heure-là, il (Nordhal Lelandais) est dans la salle, tout le monde le voit", a-t-il poursuivi, assurant que la "chronologie du procureur est impossible".

En réalité, le procureur de la République et Alain Jakubowicz ont une interprétation différente du dossier. Le premier avait notamment indiqué avoir écarté deux témoins de son enquête, sans en préciser la raison. Or, l'avocat de la défense se focalise sur ces deux témoins, parmi lesquels le cousin de la mère de Maëlys.

Une silhouette de femme?

L'avocat du principal suspect a par ailleurs mis en cause l'exploitation par les enquêteurs d'une photo tirée d'une caméra de vidéosurveillance le soir de la disparition de la fillette, assurant qu'il ne s'agissait pas sur cette photo de la silhouette de Maëlys sur le siège passager de l'Audi blanche.

"Venir dire […] qu’il s’agit d’une petite silhouette d’une enfant c’est contraire à la réalité objective. Ce n’est pas vrai que l’on distingue une enfant. On distingue effectivement une passagère qui a les cheveux longs et bruns. J’indique que la petite fille avait les cheveux relevés", a-t-il assuré.

Surtout, l'avocat est certain de distinguer une décolleté de femme, et non d'enfant, sur la silhouette: "La petite fille a une robe de petite fille de mariage comme on les connait tous avec un col rond qui descend un petit peu. Le décolleté en question est un décolleté de femme, qui est profond, qui va jusqu’à la naissance la poitrine et qui est carrée. C’est une des choses rares que l’on peut distinguer sur cette photo", a-t-il expliqué.

Paul Louis