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Affaire Jeremstar: une plainte pour "viol sur mineur" déposée

le blogueur et chroniqueur Jeremstar.

le blogueur et chroniqueur Jeremstar. - Joël Saget - AFP

Un jeune homme accuse un proche de Jeremstar, coqueluche des ados sur les réseaux sociaux, d'avoir profité abusé de lui lors de soirées arrosées. Il accuse également Jeremstar de complicité.

Après les réseaux sociaux, c'est à la justice qu'a été confiée l"affaire Jeremstar". Un jeune étudiant en droit a déposé plainte auprès du parquet de Nîmes pour "viol aggravé sur mineur", "corruption sur mineur", "atteinte sexuelle sur mineur", "recours à la prostitution de mineur", le tout réalisé en "bande organisée", détaille une source à BFMTV.com, confirmant une information de L'Obs. La procédure vise Pascal Cardonna, un proche de Jeremstar.

Dans un entretien donné à l'hebdomadaire, Annoir, le jeune homme à l'origine de la plainte détaille les soirées auxquelles il a participé et lors desquelles il aurait été abusé. Il avait alors 15 ans quand un ami lui propose d'aller à l'un de ces rendez-vous organisés par Pascal Cardonna, coordinateur à France Bleu qui travaillait dans le sud de la France. "'Tu veux venir à une soirée super-cool? Il y aura Jeremstar!', Voir Jérémy en vrai? C’était 'waouh'", confie-t-il.

Une "fellation"

La présence de la star des réseaux sociaux, qui s'est fait connaître notamment par ses interviews, nu dans une baignoire, des candidats de téléréalité, finit de convaincre Annoir. D'abord impressionné par l'appartement de Pascal Cardonna, alias "Babybel", ce dernier devient de plus en plus pressant à mesure que son degré d'alcoolémie grimpe. "Il m’a dit que si je voulais revenir à ses soirées, il fallait passer dans son lit, raconte Annoir à L'Obs. Il me promettait en échange de m’aider dans la vie. Mais je n’avais pas du tout envie."

Le jeune homme, désormais étudiant en droit, poursuit en détaillant la nuit du 16 au 17 février 2016, où il aurait été violé. "Drogué au GHB ou une autre drogue", selon lui, Annoir s'est retrouvé dans la chambre de "Babybel". Lorsqu'il se réveille, Pascal Cardonna "était en train de" lui "faire une fellation". Il dit avoir quitté l'appartement "en état de choc" sans jamais y retourner. Le jeune homme l'assure: Jeremy Gisclon, était présent lors de cette dernière soirée. Sa présence ayant été un argument avancé par Pascal Cardonna pour pouvoir lui faire subir des "attouchements sexuels" et l'"inciter" à avoir "une activité sexuelle" avec lui.

"Eléments sérieux et graves"

L'"affaire Jeremstar" a débuté le 14 janvier dernier. Un twittos, Aqababe, attaque Jeremstar sur les réseaux sociaux. Il avance également que Pascal Cardonna, alias "Babybel", a eu des relations sexuelles avec des mineurs. Un élément qui sonne comme un déclic pour Annoir qui va diffuser des extraits de conversations et des vidéos. "Plusieurs incriminations sont formulés dans cette plainte mais elles sont à la mesure des faits qu'a subi Annoir", estime Me Kamel Benamghar, assurant que son client lui a fourni "des éléments sérieux et graves".

"Cette plainte est importante car elle concrétise un pas qu'a réalisé Annoire, poursuit l'avocat. Elle montre qu'il a fait le bon choix en s'écartant de tout ce qui est mis sur Internet et elle montre que cette affaire ne se règle pas sur les réseaux sociaux. C'est un dossier qui a une dimension insoupçonné."

Depuis l'avocat et son client ont reçu de nombreux appels. Souvent, en numéro masqué, l'interlocuteur les menace et leur demande de retirer cette plainte. Dans d'autres cas, ce sont d'autres "victimes" qui se manifesteraient. Des personnes qui auraient subi les mêmes atteintes qu'Annoir. Ainsi, l'avocat serait en mesure de présenter "entre cinq et sept" nouveaux dossiers.

De leurs côtés, Jeremstar et Pascal Cardonna ont tout deux porté plainte. Le premier pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" après la diffusion d'une vidéo intime du bloggeur, qui assure ne pas avoir été au courant des agissements de Pascal Cardonna. Ce dernier a déposé plainte mercredi dernier "pour diffamation et atteinte à la vie privée" auprès du procureur de la République de Nîmes.

Justine Chevalier