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Affaire Grégory: Murielle Bolle déférée à Dijon en vue d'être présentée à un juge

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En 1984, Murielle Bolle avait mis en cause son beau-frère, Bernard Laroche, avant de se rétracter. Selon son avocat, les enquêteurs ne disposent d'aucun élément nouveau dans cette affaire.

Murielle Bolle n'est pas ressortie libre. Témoin clé dans l'affaire Grégory, la belle-soeur de Bernard Laroche, a été déférée dans la matinée à la cour d'appel de Dijon en vue d'une présentation à un juge d'instruction. Arrivée en fin de matinée à la cour d'appel de Dijon, elle a quitté les lieux, en début d'après-midi, en fauteuil roulant à la suite d'un malaise. A la fin de cette audition avec le magistrat, elle pourrait, soit être mise en examen, soit être placée sous le statut de témoin assisté.

Murielle Bolle était entendue depuis mercredi en garde à vue pour "des faits de complicité d'assassinat, non-dénonciation de crime", a déclaré son avocat, Me Jean-Paul Teissonnière. Murielle Bolle, 48 ans, a été interpellée dans la matinée à son domicile à Granges-sur-Vologne, dans les Vosges. Un avocat qui estime que le dossier sur le meurtre du petit Grégory est "très pauvre en terme d’éléments nouveaux". Selon lui, seuls "quelques témoignages de cousins éloignés" ont été présentés. Ces derniers assurent que l'adolescente de l'époque avait déclaré avoir "dit la vérité" en sortant de chez les gendarmes.

"Le travail fait par ceux qui ont préparé l’interrogatoire est désespérant, a déploré ce jeudi matin Me Teissonnière. Le niveau de l’enquête est très bas. Je m’attendais à quelques éléments qui seraient susceptibles de relancer d’une manière ou d’une autre l’enquête, manifestement ce n’est pas le cas.

"Problèmes de mémoire"

La garde à vue de ce témoin-clé dans cette affaire criminelle inédite n'aura duré que 24 heures, moitié moins des 48 heures habituelles pour cette procédure. Ayant déjà entendu Murielle Bolle en 1984 sous le régime de la garde à vue, les enquêteurs avaient à leur disposition qu'un crédit d'heures limité. Au cours des auditions, cette femme, aujourd'hui âgé de 48 ans, a "répondu aux questions", a affirmé son avocat.

A l'image des autres protagonistes dans cette affaire, Murielle Bolle est, semble-t-il d'un caractère taiseux face aux enquêteurs. Ses réponses sont évasives, marquées régulièrement par l'absence de souvenir, nuance toutefois une source proche de l'enquête. "Elle ne répond pas de façon évasive, elle répond de façon très lacunaire, martèle l'avocat. Le mode d’expression de Murielle Bolle, ce sont des phrases très courtes."

Et de poursuivre: "Souvent, elle dit qu’elle ne se souvient pas, il y a des problèmes de mémoire qui peuvent exister."

Des aveux avant de se rétracter

En novembre 1984, Murielle Bolle, alors âgée de 15 ans, avait été entendue par les gendarmes dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de Grégory Villemin. Lors de son audition, elle avait incriminé Bernard Laroche, son beau-frère. L'homme était alors devenu le suspect numéro 1 dans cette affaire et avait été inculpé du meurtre. Devant les enquêteurs puis devant le juge, l'adolescente avait répété cette version avant d'être libérée et renvoyée chez elle.

Le lendemain, la jeune fille se rétractait devant la presse et assurait avoir menti sous la pression des gendarmes. “Il y a un gendarme qui a levé la voix et puis j’ai eu peur. Puis ils m’ont dit que Bernard Laroche avait fait ça et j’ai montré pareil (sic). Bernard est innocent. Mon beau-frère est innocent", s'est-elle alors exclamée. Ces derniers soupçonnent eux le rôle de son entourage dans son démenti. Aujourd'hui, elle affirme ne pas s'être rendu compte des conséquences de ses dires sur sa famille.

"Elle est formelle sur un certain nombre de points essentiels du dossier et sur lesquels elle n’a pas varié (...), assure désormais Me Teissonnière. Elle a expliqué pourquoi elle avait maintenu ces déclarations fausses les deux jours qui ont suivi son auditions par les gendarmes."

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Justine Chevalier