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Accusé de violences par d'ex-compagnes, Moha La Squale se défend sur les réseaux sociaux

Le rappeur Moha la Squale lors d'un reportage pour RMC en octobre 2020.

Le rappeur Moha la Squale lors d'un reportage pour RMC en octobre 2020. - BFMTV

Le rappeur, visé par des plaintes pour violences, séquestrations et agression sexuelle de plusieurs anciennes petites amies, dénonce un "complot" pour lui nuire. Une "manipulation" révoltante selon la défense des plaignantes.

Plutôt que dans le bureau du juge, Moha la Squale a choisi les réseaux sociaux pour lancer sa défense. Accusé depuis septembre par plusieurs anciennes petites amies de violences, agressions sexuelles et séquestration, le rappeur a posté mardi soir une série de vidéos sur internet qui, selon lui, attestent des mensonges de ses accusatrices. Une démarche choquante, aux yeux des plaignantes.

"Je n’ai jamais levé la main sur une femme"

L'artiste parisien est visé depuis septembre par une enquête préliminaire pour violences, séquestrations et agression sexuelle à l’encontre de cinq anciennes compagnes. Ces dernières accusent Moha la Squale, de son vrai nom Mohamed Bellahmed d'insultes, de menaces, mais aussi de violences - l'une a affirmé aux enquêteurs avoir été étouffée avec un oreiller - jusqu'à l'agression sexuelle. En arrière-plan, les plaignantes dénoncent des relations toxiques, dans lesquelles elles subissaient une emprise et des pressions quotidiennes.

Mardi, Moha La Squale a choisi de sortir du silence en accusant ouvertement l'une de ses anciennes compagnes, qui avait témoigné sous couvert d'anonymat dans une vidéo de Konbini. Le rappeur a publié sur les réseaux sociaux un montage dans lequel la plaignante apparaît à visage découvert. La séquence - très confuse - montre un échange houleux qui prouverait, selon Moha La Squale, qu'il n'a pas levé la main sur elle.

"Voilà la réalité des choses, heureusement que cette fois là l’embrouille était filmée. Le calvaire qu’on m’a fait subir. On m’a humilié publiquement devant ma famille et vous. On s'est acharné sur nous durant des mois, des mois de patience où ils n'ont eu de cesse à mentir à mon sujet. Je n’ai jamais au grand JAMAIS levée la main sur une femme. Ce complot a était (sic) perpétué pour me nuire."

Le rappeur qualifie son ancienne petite amie de "sociopathe et psychologiquement hystérique" et menace de publier d'autres vidéos:

"C’est une infime partie de ses mensonges et de ce que j’ai pu vivre. À chacune son tour, tout dépendra de l’évolution des choses."

L'auteur du disque de platine Bendero s'est toujours défendu d'avoir été un petit ami violent. Dans un premier post publié sur Instagram en octobre déjà, il raillait ses anciennes relations, affirmant: "Oh la menteuse, elle est amoureuse." Depuis, Moha La Squale s'était fait très discret sur ces accusations.

"Une manipulation doublée de menaces"

Il était embourbé dans d'autres procédures judiciaires, pour lesquelles il a récemment été condamné à 6 mois de prison aménageable. Très souvent à Dubaï, le rappeur n'a encore jamais été entendu par les juges, sept mois après le dépôt des plaintes. "Il serait préférable qu'entre deux condamnations et cavales à Dubaï, Moha La Squale daigne enfin répondre et faire face à la justice de son pays", s'indigne l'avocat des plaignantes, Me Thibault Stumm, contacté par BFMTV.com.

"Il est révoltant que la première prise de parole de Moha la Squale soit une manipulation doublée de nouvelles menaces envers les plaignantes", ajoute-t-il.

Moha La Squale ne cherche qu'à "alerter sur la lecture de la situation qui n’est pas forcément celle d’un homme bourreau et de femmes victimes", rétorque auprès de BFMTV.com son avocate, Me Elise Arfi. Cette dernière rappelle que son client a été "très discret dans un premier temps."

"Après un long moment à subir de lourdes accusations, où sa réputation a été fortement endommagée, mon client a désormais besoin de se défendre. Il veut montrer qu’il n’est pas l’ordure, le psychopathe présenté par les medias."

Vidéos transmises à la justice

Elle affirme que cette vidéo mais aussi d’autres ont été transmises à la justice tout comme de nombreux SMS qui viennent, selon elle, attester sa version des faits. "Les plaignantes semblaient être dans une démarche de lui nuire", affirme-t-elle.

Des accusations balayées par Me Stumm, qui rappelle par ailleurs que "quelques secondes d'un vulgaire et pathétique montage posté lâchement sur les réseaux sociaux ne viendront jamais effacer deux ans de violences et de souffrance."

Esther Paolini Journaliste BFMTV