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A Marseille, vingt-six agressions par jour

A Marseille, où une retraitée est morte dimanche après un vol à l'arraché, les violences dites crapuleuses ont augmenté de 15% à 19% en 2010.

A Marseille, où une retraitée est morte dimanche après un vol à l'arraché, les violences dites crapuleuses ont augmenté de 15% à 19% en 2010. - -

Une retraitée de 74 ans, agressée la semaine dernière à Marseille pour son sac à main, est décédée dimanche des suites de ses blessures. Dans une ville où les violences crapuleuses sont en hausse, certains habitants parlent de constituer des milices.

Il y a une dizaine de jours, peu après 8h30 le matin, Maryse, 74 ans, sort faire ses courses. Alors qu'elle attend à l'arrêt de bus, deux garçons passent en scooter une première fois. Puis reviennent et lui agrippent son sac à main. Mais la retraitée ne lâche pas. Elle est traînée sur plusieurs mètres, sa tête heurte le sol, peut-être un trottoir, disent les policiers. Les voleurs s'enfuient, la laissant par terre. Quatre jours plus tard, Maryse décède de ses graves blessures à l'hôpital.

Sa fille, Marie-Dominique, témoigne sur RMC :

« On m'a volé ma mère. On lui a arraché la vie pour rien. Ça a été de la barbarie. Si quelqu'un a vu quelque chose, il faut qu'il parle. Il ne faut pas avoir peur de parler, sinon ça va empirer, c'est l'horreur. Parce qu'il faut se dire que ça n'arrive pas qu'aux autres et que tout le monde peut être concerné un jour ou l'autre par un tel drame ».

A Marseille, les vols à l'arraché sont loin d'être une nouveauté. Mais leur nombre explose. La catégorie des violences dites crapuleuses a connu entre 15% et 19% de progression l'année dernière. Aujourd'hui, on déplore dans la ville 26 agressions par jour. Un phénomène lié notamment à la flambée des cours de l'or.

« On tourne à 10 ou 12 policiers pour 100.000 habitants »

Une hausse qui s'explique aussi, selon certains, par la faiblesse des effectifs de police. Samia Ghali, sénatrice-maire des 15e et 16e arrondissements de Marseille, dans le quartier où Maryse a été agressée, explique : « On tourne à 10 ou 12 policiers pour 100.000 habitants. C'est l'équivalent de la ville de Perpignan par exemple. Imaginez Perpignan avec 10 ou 12 policiers. Aujourd'hui, ce qui se passe, c'est non-assistance à personnes en danger. Et ce n'est pas parce que la police ne fait pas son travail, elle le fait. Mais elle le fait avec les moyens qu'on lui donne ».

A ce constat inquiétant vient maintenant s'ajouter un phénomène qui l'est peut-être presque autant. Dans certains quartiers de Marseille, des habitants parlent de plus en plus de constituer des milices privées d'auto-défense. Sans, pour l'instant, avoir franchi le pas...

La Rédaction et L. Dian