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Une enquête demandée au CSA sur Bolloré pour "censure"

RSF et un collectif de journalistes accusent le patron de Canal+, Vincent Bolloré, d'avoir censuré des documentaires gênants.

RSF et un collectif de journalistes accusent le patron de Canal+, Vincent Bolloré, d'avoir censuré des documentaires gênants. - AFP

Reporters sans frontières (RSF) et le collectif de journalistes "Informer n'est pas un délit" ont réclamé mardi au CSA l'ouverture d'une enquête sur Vincent Bolloré, patron de Vivendi et de Canal+. Les journalistes l'accusant d'avoir fait censurer des documentaires gênants, indiquent-ils dans un communiqué.

Reçus mardi par le CSA, qui avait auditionné Vincent Bolloré sur ces questions jeudi, des représentants du collectif et de RSF affirment avoir donné au Conseil supérieur de l'audiovisuel "des éléments concrets sur les cas de censure au sein du groupe Canal+" et ont réclamé "l'ouverture d'une instruction préalable pouvant mener à des poursuites".

Une enquête sur la "censure de documentaires"

La demande d'enquête formulée par RSF et le collectif porte sur "les cas de censure de documentaires perpétrés ces derniers mois au sein du groupe Canal+", indiquent-ils dans un communiqué. En mai dernier, un documentaire du magazine "Spécial investigation" sur le Crédit Mutuel avait été déprogrammé de la chaîne crypté, à la demande de Vincent Bolloré avait révélé Mediapart. Plus récemment, d'après Le Monde, une enquête intitulée "Hollande-Sarkozy, la guerre secrète" a failli subir le même sort, là encore sur ordre de la direction. Après avoir été déprogrammé en septembre, il sera finalement diffusé le 26 octobre. 

"Les mesures d'opportunité prises par les dirigeants de Canal+, notamment par Vincent Bolloré lui-même, contreviennent au principe d'honnêteté de l'information et des programmes" garantit par le CSA et Canal+, écrivent RSF et le collectif dans leur communiqué. Les journalistes demandent au CSA "de renforcer les clauses sur l'indépendance de l'information" et "offrir des garanties d'indépendance face aux intérêts de tous les partenaires commerciaux des sociétés de médias". 

C. B avec AFP