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"Alma", la confession d'une criminelle repentie

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Arte publie ce 25 octobre la confession d'Alma, ancienne membre d'un gang du Guatemala. Son poignant témoignage sera diffusé en webdocumentaire, documentaire télé, livre et application mobile.

C’est le récit d’une repentie. Engendrée par la violence, Alma l’a alimentée pendant cinq ans avant de fuir. La jeune fille, entrée à ses quinze ans dans une "mara" du Guatemala, était un bourreau parmi les autres. Maintenant qu’elle a tourné le dos à son clan, elle tente de se reconstruire dans l’anonymat d’un programme de réinsertion.

Personnage central d’un webdocumentaire réalisé par le photographe Miquel Dewever-Plana et la journaliste Isabelle Fougère, elle livre tout de sa vie de vol, de racket et de meurtre dans ce pays au 18 assassinats par jour et où ?1,8 million d’armes à feu sont en circulation.

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"Elle a besoin de raconter sa vie pour la cracher"

On entre brusquement dans "Alma, une enfant de la violence". Le récit de sa violente intronisation ouvre le bal, puis elle raconte la "Loi de la vie" appliquée aux commerçants, "payer ou mourir", et les viols dont elle est la complice forcée.

Dans les maras, on ne désobéit pas. Elle dit aussi la satisfaction de se sentir acceptée par sa bande et la difficulté de quitter le clan. Ce clan qui lui tirera dans le dos, lui retirant la capacité de marcher, à défaut de la vie.

Alma ne fait pas l’impasse sur son histoire familiale, sur les regrets de sa mère, ni même sur sa propre repentance. Témoigner doit être une manière pour elle de tenter de refermer cette terrible parenthèse, et d’en revenir à ses rêves d’enfants : étudier. Devenir psychologue.

Isabelle Fougère confirme : "Elle a besoin de raconter sa vie pour la cracher. Elle a beaucoup de mal à vivre avec son passé." Si Alma rompt l’omerta, au risque de se faire tuer à son tour, c’est aussi pour essayer de dissuader d’autres jeunes de faire la même erreur qu’elle.

"On ne peut pas broder sur ce sujet"

Comment rapporter les propos d’une criminelle ? Raconter une histoire aussi terrible ? La mise en scène est sobre. Alma apparaît sur fond noir, un haut rose cachant à peine ses tatouages, des mains nerveuses affichant toute sa tension. "On ne peut pas broder sur ce sujet, c’est très épineux. La sobriété était très importante pour nous", explique la journaliste.

Alma raconte donc son histoire sans commentaire ni voix off, rien ne dévie l’attention du spectateur de son récit. De temps en temps, le plan se resserre sur ses yeux, ses mains.

Cette simplicité coupe court à toute accusation de sensationnalisme. Le récit n’est pas pathétique, il paraît juste brut. Et d’autant plus puissant.

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Une histoire, quatre supports

Au-dessus d’Alma défilent de temps en temps des éléments de contexte : vidéo d’une rue de Guatemala City, des photographies de "mareros", parfois de leurs victimes… Et de la musique, des sons d’ambiance. Le spectateur est libre de les afficher ou non.

Cela donne une respiration au spectateur, et du relief au témoignage. Quatre dossiers charpentent la confession de la solidité documentaire: sur les maras, la violence au Guatemala… Ils sont illustrés des photographies de Miquel Dewever-Plana.

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Le webdocumentaire est produit par Upian, à la pointe du genre (ils ont déjà produit Prison Valley, réalisé par David Dufresne et Philippe Brault). Mais le sujet est en fait multi-formats : il fera l’objet d’une application iPad et Android, d’une diffusion sur Arte le 1er novembre, à 23h15, et a déjà été édité sous forme de livre (aux éditions Le Bec en l'air). Isabelle Fougère y donne une version plus littéraire de l'histoire, sur les photos de Miquel Dewever-Plana.

Une histoire, quatre supports, quatre manières de la comprendre, comme l’explique Isabelle Fougère : "On voulait toucher toutes sortes de publics et de différentes manières. C’est à force de creuser comme ça qu’on en arrive au diamant de l’histoire."

Le webdocumentaire sera mis en ligne ce 25 octobre autour de 20 heures.

>> Voir le diaporama sonore en plein écran :

>> Voir le site : Alma, une enfant de la violence, une coproduction ARTE, Upian, Agence Vu’, avec le soutien du CNC.