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"Adam recherche Eve": nudité et télévision, que dit le CSA?

Image de la bande annonce du programme "Adam recherche Eve", sur D8.

Image de la bande annonce du programme "Adam recherche Eve", sur D8. - Capture d'écran - D8

La chaîne Direct 8 diffuse ce mardi soir pour la première fois une émission de téléréalité avec des candidats nus, Adam recherche Eve.

Un floutage minimaliste en guise de feuille de vigne, les candidats de Adam recherche Eve, la nouvelle émission de téléréalité de D8, diffusée mardi soir à 20h50, vont arpenter les plages d'une île paradisiaque à la recherche de "l'amour, le vrai". "L'expérience romantique extrême", revendique Xavier Gandon, directeur de l'antenne et des programmes de D8.

Une première pour la téléréalité française, qui en a pourtant déjà montré beaucoup, depuis le début des années 2000. On se souvient de l'avant-gardiste Loana dans la piscine de Loft Story, il y a une éternité, il y a 15 ans.

"On attend d'avoir vu"

Cela sera-t-il assez pour interpeller le CSA? Pas si l'institution ne reçoit pas de plainte de téléspectateurs. Et en tout cas, pas avant d'avoir vu le programme. Comme l'assure Memona Hintermann-Afféjee, membre du CSA, interrogée par 20 Minutes: "on attend d'avoir vu (...) sinon, ce serait de la censure".

Le CSA, qui peut également agir sur auto-saisine, laisse une grande part de responsabilité aux chaînes. D8, qui a donc décidé de flouter les sexes des candidats, va devoir aussi choisir quelle signalétique appliquer: "Moins de 10 ans" ou non.

Floutage des sexes et précédents

Expliquant les raisons du floutage des sexes, Xavier Gandon précisait mardi matin sur Europe1"On s'est posé la question, par rapport au cadre légal, mais aussi par rapport aux habitudes des téléspectateurs, ce qu'il était bon de faire. Et on s'est dit qu'en France, on n'avait pas forcément l'habitude de voir de la nudité intégrale".

Il s'agit en effet plus d'une question d'habitude, puisque les règles du CSA concernent la pornographie et la violence, mais pas la nudité. De précédentes affaires montrent bien que le CSA se prononce au cas par cas, lorsqu'il est saisi. Et que la nudité n'est pas forcément un problème.

Ainsi, par exemple, en janvier 2013 le Conseil avait considéré que le sexe d'un homme montré pendant cinq secondes dans le Petit Journal de Canal+ relevait de l'humour et que la chaîne n'avait pas manqué aux règles de protection des mineurs. En mars 2010, en revanche, il était intervenu auprès de D8, lui reprochant une signalétique mal appropriée concernant un documentaire sur la nudité. Déconseillé aux moins de 10 ans, il aurait dû l'être aux moins de 12 ans.

C'est donc après la diffusion de ce grand moment de romantisme extrême que l'on saura ce que pensent les téléspectateurs et le CSA.

Magali Rangin