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Mort de Henrik de Danemark, le comte français qui rêvait d'être roi

Le prince Henrik de Danemark, en 2015.

Le prince Henrik de Danemark, en 2015. - Pascal Pavani - AFP

Le prince Henrik du Danemark vient de s'éteindre, à l'âge de 83 ans. Toute sa vie, ce comte français qui avait épousé la reine du Danemark, s'est plaint de n'être que prince consort.

Etonnante histoire que celle de cet aristocrate girondin devenu prince consort du royaume du Danemark, mais jamais roi. Henrik de Danemark, un comte girondin épris de viticulture et de poésie, est mort mardi soir à 83 ans.

Epoux de la reine du Danemark, il n'a jamais coiffé la couronne royale après ses noces avec l'héritière du trône danois, Margrethe. Eternel prince consort - comme Philip, le mari de la reine Elizabeth II - Henrik s'est beaucoup plaint de rester dans l'ombre de la reine.

Né Henri Marie Jean André de Laborde de Monpezat, Henrik s'est éteint à 23h18 entouré de sa femme et de leurs deux fils, a annoncé le palais royal mercredi.

Henrik avait été rapatrié fin janvier alors qu'il se trouvait en villégiature en Egypte, et hospitalisé au Rigshospitalet pour une infection pulmonaire avant d'être transféré vers le château de Fredensborg pour "vivre ses derniers instants", selon un communiqué publié mardi.

Une histoire marquée par la controverse

Le 9 février, son fils aîné Frederick, le prince héritier, avait interrompu son voyage en Corée du Sud dans le cadre des JO pour se rendre au chevet de son père dont l'état de santé s'était dégradé.

En septembre, la maison royale danoise avait annoncé qu'il souffrait de "démence", dont la maladie d'Alzheimer est une forme fréquente. Le diagnostic précis n'avait pas été révélé.

Depuis le 1er janvier 2016, Henrik était retraité, libéré de ces obligations officielles qu'il honorait diversement selon son humeur: il semblait parfois s'y ennuyer royalement mais boudait comme un enfant s'il n'était pas convié.

"Les controverses ont marqué son histoire au Danemark et sa relation avec la population danoise", selon sa biographe Stephanie Surrugue.

En avril 2015, il s'était fait porter pâle lors des célébrations du 75e anniversaire de la reine, mais avait été perçu à Venise quelques jours après, s'attirant railleries et foudres de la presse à grand tirage.

Il refuse d'être inhumé avec la reine son épouse

Et l'été dernier, il avait publiquement fait savoir qu'il refusait d'être inhumé avec sa femme dans la nécropole royale de la cathédrale de Roskilde, comme le sont traditionnellement les couples royaux.

N'ayant pas obtenu le titre et la fonction qu'il convoitait, il arguait qu'il n'était pas son égal dans la vie et ne souhaitait pas l'être dans la mort. La maison royale n'a pas encore indiqué où il sera enterré.

Né le 11 juin 1934 à Talence, près de Bordeaux, le jeune et fringant comte avait épousé en juin 1967 Margrethe, couronnée en janvier 1972.

"C'est très dur pour un homme"

Henri de Laborde de Monpezat passe ses premières années en Indochine où son père administre les plantations familiales. La guerre les chasse définitivement du Vietnam, même s'il reviendra passer son bac à Hanoï.

Après des études de sciences politiques, de vietnamien et de chinois, il embrasse la carrière diplomatique. C'est en poste, à Londres, qu'il rencontre Margrethe, alors héritière de la couronne danoise.

En l'épousant, il change de prénom, renonce à sa nationalité française pour devenir danois et abjure sa foi catholique pour le protestantisme. Surtout, il se résigne bon gré mal gré à mettre ses pas dans ceux de Margrethe que ses sujets adorent.

"J'accepte de jouer le jeu. Mais c'est très dur pour un homme de ne pas être considéré sur le même plan que son épouse", admet-il dans ses mémoires, Destin oblige, publiés en 1997.

M.R. avec AFP