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L'interview de Meghan et Harry réveille le sentiment républicain en Australie et en Grande-Bretagne

Des goodies à l'effigie de Harry et Meghan, avant leur mariage, le 19 mai 2018.

Des goodies à l'effigie de Harry et Meghan, avant leur mariage, le 19 mai 2018. - Daniel Leal-Olivas - AFP

L'interview de Harry et Meghan ébranle la famille royale et relance le débat sur la monarchie en Australie.

L'interview de Meghan et Harry a des répercussions jusqu'aux antipodes. En Australie, où le sentiment républicain est important - selon un récent sondage Ipsos, 34% des Australiens sont pour l'instauration d'une république - l'interview a réveillé les aspirations des anti-monarchistes.

L'ancien Premier ministre australien Malcolm Turnbull a ainsi déclaré au Guardian, qu'il était temps pour les Australiens de songer à sortir du Commonwealth, l'organisation issue de l'empire britannique.

S'il se déclare fervent supporter de la reine, comme de nombreux Australiens, il estime que la question se posera à la fin de son règne. "Elle a été une merveilleuse chef d'Etat et je pense, honnêtement, qu'en Australie, il y a plus de pro-Elizabeth que de pro-monarchie".

"Lorsque la fin de son règne arrivera, il sera temps pour nous de dire (...) voulons-nous vraiment que le roi ou la reine du Royaume-Unis - qui que ce soit - se trouve être automatiquement notre chef d'Etat?", s'interroge-t-il.

Une institution en manque de modernité

Le Commonwealth ne va peut-être pas exploser pour autant. En Nouvelle-Zélande, par exemple, pour la Première ministre Jacinda Ardern, l'explosive interview du couple Harry et Meghan ne change pas la donne.

"J'ai déjà dit que je n'avais pas ressenti d'appétit de la part des néo-zélandais pour un changement significatif dans nos dispositions constitutionnelles et je ne pense pas que cela change très vite", a-t-elle ainsi déclaré.

L'interview a malgré tout bien écorné l'image de la royauté britannique, et celle de Charles en particulier. L'interview est le témoignage d'un clash de générations et de valeurs, explique l'historien Robert Lacey dans les colonnes du Guardian:

"Est-ce que les jeunes Australiens et Canadiens, par exemple, veulent d'un roi Charles III qui refuse de prendre les coups de fil de son fils lorsqu'il est en détresse émotionnelle?"

Sans vouloir remettre la monarchie en doute, beaucoup posent en effet la question de la modernité de l’institution - d'autant que de nombreux sujets britanniques comptaient sur Meghan et Harry, jeune couple progressiste, pour souffler un vent de modernisme sur la royauté. Espoir douché par l'annonce, il y a un an, de leur retrait de la famille royale.

Magali Rangin