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Intermittents en colère: les menaces qui pèsent sur les festivals

Manifestation des intermittents à Paris le 14 mai 2014.

Manifestation des intermittents à Paris le 14 mai 2014. - -

La crise des intermittents fait peser une lourde menace sur les festivals de cet été. Le Printemps des comédiens, à Montpellier, a déjà été affecté par la grève. BFMTV.com fait le point sur l'ampleur du mouvement et ses enjeux.

La crise ouverte par la réforme du régime d'indemnisation chômage des intermittents est loin d'être réglée. Les patrons des festivals prennent très au sérieux les menaces de perturbations brandies par les intermittents du spectacle. En coulisse, les ministères s'activent pour trouver une issue.

La cote d'alerte a été atteinte avec la grève qui a entraîné l'annulation de plusieurs spectacles au Printemps des Comédiens à Montpellier, premier grand festival de l'été. Le ministre du Travail, François Rebsamen, a annoncé mercredi à l'Assemblée nationale qu'il prendrait avec la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, "des initiatives pour renouer le dialogue".

> Le mouvement prend de l'ampleur

Montpellier. Le comité des experts de la Direction régionales des affaires culturelles (DRAC) du Languedoc-Roussillon a annoncé jeudi à Montpellier qu'il rejoignait le mouvement de mobilisation. Dans une lettre ouverte au Premier ministre Manuel Valls, ce comité d'experts, composé d'artistes, dramaturges, directeur de théâtres nationaux..., demande "la réouverture des négociations".

Toulouse. Une centaine d'intermittents du spectacle et précaires occupaient jeudi soir les locaux de la fédération du PS de Haute-Garonne à Toulouse pour que les dirigeants socialistes locaux appuient leur refus de la nouvelle convention d'assurance chômage. Les intermittents se sont rendus en fin d'après-midi au siège de la fédération où devait se tenir une réunion du conseil fédéral.

Parmi les élus. Près de 100 parlementaires et élus locaux, dont Anne Hidalgo, maire de Paris, Martine Aubry à Lille et Cécile Helle à Avignon ont écrit au ministre du Travail pour lui demander de rouvrir la discussion en vue d'un nouvel accord "pertinent et efficace", selon les mots d'Anne Hidalgo.

Lettre ouverte. Jeudi, une lettre ouverte au Premier ministre signée d'une soixantaine de directeurs de théâtres et de festivals a été publiée dans Libération.

> Les enjeux, en bref

Durcissement du statut. Au coeur du conflit, l'agrément, prévu dans la dernière semaine de juin, de la nouvelle convention chômage validée le 22 mars par trois syndicats (CFDT, FO, CFTC) et le patronat, dont le Medef, et qui prévoit des économies sur le régime d'indemnisation des techniciens et des artistes du spectacle. Les intermittents du spectacle ne représentent que 3,5% des bénéficiaires des allocations chômage et 3,4% des dépenses de l'Unedic.

Plus d'intermittents touchés. Le nouveau calcul du "différé d'indemnisation", qui impose un délai avant de toucher des allocations, nourrit la contestation. La mesure, qui doit générer 100 millions d'économies, va toucher 48% des intermittents contre 9% auparavant, selon le Syndeac.

Risque d'annulation. La dernière grande crise des intermittents en 2003 avait entraîné l'annulation des festivals d'Avignon, d'Aix-en-Provence et des Francofolies de La Rochelle. Le bras de fer risque de se poursuivre tout le mois de juin, et de déborder sur un mois de juillet crucial pour l'ensemble du spectacle vivant.

A. D. avec AFP