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"Squid Game": que peuvent faire les parents face au mimétisme de la violence chez les enfants?

Thomas Rohmer, le fondateur de l'Observatoire de la parentalité et de l'éducation numérique estime que le mimétisme chez les plus jeunes n'a rien de nouveau, mais considère l'éducation aux médias essentielle.

Pas un phénomène nouveau, mais une plus grande facilité d'accès pour les plus jeunes. C'est de cette manière que Thomas Rohmer, fondateur de l'Observatoire de la parentalité et de l'éducation numérique analyse sur BFMTV ce vendredi le phénomène de mimétisme de la série violente Squid Game, observé dans une cour de récréation belge.

La directrice d'une école primaire d'Erquellines, en Belgique, a rapporté en effet jeudi au micro de BFMTV qu'une élève avait été "fouettée par un autre élève" car "ils jouaient à ce jeu qui passe dans la série, en l'occurence 1,2,3, soleil, et où celui qui perd reçoit un coup." Squid Game, diffusé sur Netflix depuis le 17 septembre, suit en effet le parcours de 456 Coréens obligés de s'adonner à des jeux d'enfants, et qui sont froidement abattus en cas de défaite. Une violence qui inspire apparemment les plus jeunes. Mais qui est loin d'être récente, selon Thomas Rohmer:

"Rien de nouveau sous le soleil, ce sont des phénomènes que l'on connait parfaitement et depuis de nombreuses années", explique-t-il. "Je suis sûr que si l'on allait fouiller un petit peu dans les archives, on retrouverait des enfants qui à une certaine époque imitaient John Wayne dans ses westerns."

30 milliards de vues sur TikTok

Ce qui change néanmoins selon l'expert, c'est la facilité d'accès à ces contenus, pourtant bel et bien prohibés. Sur Netflix, Squid Game est interdit aux moins de 16 ans. Mais le phénomène s'est exporté massivement sur TikTok, où le hashtag #SquidGame a déjà généré plus de 30 milliards de vues, avec des vidéos dans lesquelles les internautes recréent les jeux de la série.

Une diffusion du programme hors du seul cadre de sa plateforme de streaming, qui complique forcément le contrôle de l'âge de ses spectateurs. Mais pour Thomas Rohmer, le rôle des parents et une solide éducation aux médias demeurent fondamentaux pour protéger les plus jeunes:

"J'en appelle aussi aux parents à s'intéresser à peu moins aux écrans et aux outils, mais un peu plus à ce qu'il se passe à l'intérieur de l'écran. Et à contribuer une fois encore à éveiller l'esprit critique de leurs enfants en essayant de les sensibiliser au fait que ces contenus ne sont pas adaptés à tous les âges", conseille le fondateur de l'Observatoire de la parentalité et de l'éducation numérique.

La série Squid Game connaît aujourd'hui un succès mondial impressionnant, et pourrait même devenir selon le co-PDG de Netflix, Ted Sarandos, la plus grosse réussite non-anglophone du géant du streaming.

Louis Augry