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Pierre Arditi après les attentats de Paris: "On ne va pas commencer à se terrer dans des caves"

Pierre Arditi, le 22 octobre 2006 à Paris

Pierre Arditi, le 22 octobre 2006 à Paris - Bertrand Guay - AFP

Au lendemain des attentats de Paris, le comédien a souhaité jouer sa pièce au théâtre Edouard VII. Sa façon à lui de "faire de la résistance" en période "de guerre".

Il a tenu à jouer malgré tout. Actuellement à l'affiche de Mensonge de Florian Zeller au théâtre Edouard-VII, Pierre Arditi a décidé de monter sur les planches au côté de sa femme Evelyne Bouix, ce samedi 14 novembre, pour deux représentations à 17h30 puis à 21h. 

Sa façon à lui de ne pas "baisser la tête" face aux attentats terroristes qui ont touché Paris vendredi 13 novembre. "Bernard Murat a voulu qu'on joue, et je suis exactement sur la même ligne", a déclaré le comédien au Parisien. "On ne va pas commencer à se terrer dans des caves et à vivre dans la peur. Chacun est libre de jouer ou pas, c'est une question de conscience personnelle. Pour moi, c'est un comportement citoyen. On est horrifié par ce qui s'est passé, bien sûr, je suis désespéré par ce que j'ai vu, mais la meilleure réponse à ces actes insupportables, c'est qu'ils n'aient pas prise sur ce que nous sommes et sur nos vies", a-t-il confié.

"Il faut faire savoir à ses salauds qu'ils n'auront pas notre peau"

C'est dans une salle à moitié vide que Pierre Arditi a donc joué samedi soir. Mais, pour lui, l'important n'était pas là. Il était question de "rester debout" et de rendre hommage, à sa façon, aux victimes, comme il le confiait ce dimanche matin au micro de RTL.

"Il est hors de question de ne pas être solidaire de la douleur du pays, mais la seule consigne valable c'est de ne pas déjà courber l'échine. C'est exactement ce que ses assassins veulent que nous fassions. Chacun vit, enterre ses morts comme il le veut. Nous notre manière de les enterrer, c'est de continuer de vivre et de faire savoir à ses salauds qu'ils n'auront pas notre peau. Et s'ils veulent l'avoir, on sera debout et on les regardera dans le blanc de l'œil et on continuera de faire ce qu'on a à faire. S'il y a une règle et que le pouvoir en place nous explique qu'il ne faut pas bouger, ne rien faire, ne rien dire et baisser les bras… Je ne l'ai pas entendu cette consigne-là, je ne sais pas d’où elle sort", a-t-il déclaré. Pourtant, la Préfecture de Police de Paris recommande bien "d'éviter de sortir sauf nécessité absolue".

"Notre résistance aura raison de cette barbarie"

Pierre Arditi a ensuite assuré qu'il ne s'agissait pas "d'une histoire de fric", mais de "comportement de citoyen": "Nous pleurerons tout à l'heure en rentrant à la maison. Pour le moment, on lève le point. J'ai une pensée bouleversée, profonde, pour ceux qui souffrent et qui vont souffrir, mais ma manière de leur dire que je suis avec eux, c'est en leur disant que notre résistance aura raison de cette barbarie qui tente de nous faire taire mais qui n'y parviendra pas", a-t-il confié avant de conclure: "C'est la guerre, on rentre en résistance".