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Sur scène avec ses Vieilles Canailles, Johnny Hallyday a souffert, mais tenu bon

Johnny Hallyday sur scène avec les Vieilles Canailles

Johnny Hallyday sur scène avec les Vieilles Canailles - BFMTV

C'est un Johnny Hallyday fatigué mais battant qui s'est produit ce samedi soir dans le Nord, à l'occasion du premier concert de la tournée des Vieilles Canailles. Une prestation qui a conquis le public.

"Je suis content d'être avec vous ce soir". Johnny Hallyday, qui lutte depuis plusieurs mois contre un cancer, a souffert, mais s'est battu pour réussir son retour sur scène ce samedi soir à Villeneuve d'Ascq, avec ses Vieilles Canailles, Jacques Dutronc et Eddy Mitchell. Une première date très attendue, lancement d'une tournée qui mènera le trio jusqu'à Carcassonne le 5 juillet, dernier des 17 concerts prévus pour cette reformation. 

Les trois septuagénaires ont fait leur entrée sur la scène du Stade Pierre Mauroy à 21h05 sous les applaudissements. Plus nourris pour Johnny. Nouvelle ovation lorsque ce dernier a attaqué le troisième couplet des Play-boys. La voix est sûre, le regard perçant. Le plaisir d'être là, sous les yeux amusés de ses copains et de sa femme Laeticia dans les gradins, est manifestement grand. Les fans semblent rassurés. La santé de "l'idole des jeunes" est en effet dans toutes les têtes depuis qu'il a annoncé en mars qu'il se soignait pour un cancer.

Arrivé il y a une dizaine de jours en France en provenance de Los Angeles où il vit et où il suit un traitement contre la maladie, la légende du rock français est pourtant apparu déterminé en conférence de presse mardi.

"Je vais du mieux possible, je me soigne, je lutte, je me bats et j'espère bien m'en sortir", a lancé le chanteur, qui aura 74 ans jeudi, ajoutant: "J'avais à coeur de faire cette tournée, car pour moi c'est bénéfique moralement".

Un battant sur scène

Face au public lillois, qui lui "a toujours porté bonheur", il enchaîne par Noir c'est noir. Et, souriant, il ne manque pas d'ironie, Johnny, tout habillé de noir, costume, chemise, cravate, à narguer par le chant le sort qui le frappe depuis plusieurs mois. Car rien samedi soir ne l'a empêché de faire ce qu'il aime le plus au monde: se produire en public. 

Qu'importe s'il lit un prompteur - comme ses deux camarades -, qu'importe s'il doit s'asseoir sur une chaise haute pour entonner Les cactus. L'épreuve semble pourtant très difficile sur ce titre chanté en duo avec Eddy. Johnny transpire, il puise, souffle, rate un couplet. 

L'inquiétude frémit de toutes parts dans le public. A la fin de cette chanson, il part une première fois en coulisses, pendant qu'Eddy va au bar et que Jacques chante seul L'opportuniste. Mais Johnny revient vite chanter son Tennessee. Il commence "On a tous..." et le public reprend "... quelque chose en nous de Tennessee". Aidé, soutenu, aimé, il sourit, va mieux. Il est de nouveau en haut des montagnes russes. Battant, il retrouve de la verve sur Joue pas de rock'n roll en duo avec Eddy qu'il gratifie d'une bise à la fin. 

Une thérapie par la musique

Après Be bop a lula, Johnny repart une deuxième fois en coulisses. Bientôt ses deux chansons en solo approchent: Gabrielle et Le pénitencier.

"Qu'est ce que je suis heureux d'être ici ce soir. Vous êtes un public formidable", lance-t-il alors que les spectateurs affluent vers la scène pour immortaliser l'instant avec leurs smartphones, sous la surveillance sereine des agents de sécurité.

Le déroulement du concert est millimétré. Les tubes s'enchaînent: Vieille canaille, Pas de boogie woogie... Johnny est toujours là. Il s'appuie sur son micro, se rassoit, mais sa voix tient le coup. Il va gagner cette bataille lilloise.

Johnny, qui entrevoit ce retour sur scène comme une thérapie par la musique, assure avec ses deux compères les deux rappels. Et, rock'n roll dans l'âme, il conclut la soirée en ayant troqué la cravate et la veste pour le blouson en cuir, sur Toute la musique que j'aime

Pouce levé, sourire vainqueur, Johnny peut s'en aller pendant que l'orchestre achève le travail. Le repos est mérité, dans moins de 24 heures, il sera sur scène à Bruxelles. 

Nawal Bonnefoy avec AFP