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Stomy Bugsy, Ménélik, Nuttea... L'âge d'or du rap des années 90 fédère toutes les générations

Les rappeurs français des années 1990 sont en tournée dans toute la France et bientôt à l'AccorHotels Arena. Séquence nostalgie.

Mon papa à moi est un gangster, Bye Bye, Trop peu de temps... Si ces morceaux éveillent en vous une douce nostalgie, c'est que vous êtes pile dans la cible de la tournée "L'âge d'or du rap". A l'instar des vétérans des années 1960 et 1970, des spectacles Age tendre et têtes de bois et de ceux de Stars 80, les rappeurs qui ont bercé nos années 1990, se produisent sur scène ensemble.

Ménélik, Stomy Bugsy, Passi, les Nèg' Marrons, Nuttea et les autres tournent dans les Zéniths de France. Ils seront à l'AccorHotels Arena le 27 mars prochain.

Mais ils n'ont pas seulement ambiancé les dancefloors de nos 15 ans ou 20 ans. Ces pionniers du rap français ont marqué toute une génération. "C'est la première fois que les gens des quartiers avaient de gens qui leur ressemblaient à la télé et dans les radios", se souvient Stomy Bugsy au micro de BFMTV.

"Les gens qui ont grandi avec notre génération viennent avec leurs enfants"

C'est toute cette époque que la tournée "L'âge d'or du rap" fait découvrir ou redécouvrir. "C'est l'enfance du rap en France et on est tous nostalgiques de notre enfance", note Nuttea (qui chantait en 2000, Trop peu de temps).

"On s'est toujours rendu compte que le rap était une musique puissante. Que ça fédérait, que ça faisait passer des messages. Que ça touchait un nombre incalculable de gens", souligne Ben-J des Nèg'Marrons. "Ce qui m'a surpris depuis qu'on a commencé cette tournée, note son complice Jacky, c'est l'âge du public. De voir que les gens qui ont grandi avec notre génération viennent avec leurs enfants".

Et si le public se retrouve toujours dans les textes des rappeurs des années 1990, c'est que "la situation n'a pas forcément changé", relève Ben-J. Elle a évolué. Mais sur plein de plans, on se rend bien compte aujourd'hui que c'est un recommencement dans les messages qu'on a fait passer à cette époque-là. On se rend compte que la société est toujours aussi dure, qu'il y a toujours un fossé entre les gens qui dirigent ce pays et le peuple. Que les gens se plaignent des mêmes choses, du chômage... Mais on ne perd pas espoir et c'est pour ça que nos textes ont une portée encore plus forte 20 ans plus tard".

La nostalgie n'est donc pas le seul moteur du public. Elle n'est en tout cas pas celui de Stomy Bugsy, qui lance: "Je n'aime pas être dans la nostalgie, ça fait vieux con".

M. R. avec Philippe Dufreigne