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Richard Anthony: mort du chanteur de J'entends siffler le train

Le chanteur Richard Anthony, interprète de "J"entends siffler le train", dans les années années 60 est mort.

Le chanteur Richard Anthony, interprète de "J"entends siffler le train", dans les années années 60 est mort. - Stéphane de Sakutin - AFP

L'interprète de J'entends siffler le train et A présent tu peux t'en aller, est mort lundi à l'âge de 77 ans. Retour sur la carrière d'un monument des yéyés.

Richard Anthony, vient de mourir à l'âge de 77 ans. Idole yéyé des années 1960, Richard Anthony, de son vrai nom Richard Btesh, s'est fait connaître avec des reprises de twist ou de rock américains mais c'est l'inoubliable ballade J'entends siffler le train, en 1962, qui l'a fait entrer dans le coeur des Français.

L'essentiel du répertoire du chanteur est d'ailleurs basé sur des adaptations de grands auteurs anglais ou américains, comme Bob Dylan, Ecoute dans le vent (Blowin' in the wind), les Everly Brothers, J'irai pleurer sous la pluie (Crying in the rain), Dusty Springfield (A présent tu peux t'en aller) Cliff Richards ou même Fleetwood Mac.

Né au Caire le 13 janvier 1938 sous le nom de Richard Btesh -Anthony est son deuxième prénom- d'un père industriel du textile, Richard Anthony suit ses parents en Argentine, en Grande-Bretagne puis en France où il choisit finalement de s'installer. D'abord représentant en réfrigérateurs, il se tourne rapidement vers la chanson avec l'idée de traduire en français des succès américains.

Le chanteur "préféré des ados, jusqu'à ce que Johnny Hallyday prenne le pas sur lui", selon les termes du journaliste Bertrand Dicale, sur BFMTV, a ainsi marqué les années 60 avec "d'immenses tubes". Ainsi, la ballade entêtante et mélancolique, J'entends siffler le train est-il devenu le slow de l'été 1962, l'été de la fin de la guerre d'Algérie. Pour des milliers de jeunes conscrits et leurs familles, cette chanson évoque le train qui les emmenait loin des leurs vers Marseille pour s'embarquer vers "la sale guerre".

"Ma mère, Anglaise, me chantait cette ballade"

Richard Anthony connaissait depuis l'enfance cet air du folklore américain, Five Hundred Miles: "Ma mère, Anglaise, me chantait cette ballade", racontait-t-il. Repris par la chanteuse américaine Hedy West à la faveur de la renaissance folk aux Etats-Unis et enregistré en 1961 par les Journeymen, le titre est rapporté en France par Hugues Aufray. Mais c'est à sa vedette, Richard Anthony, que la maison de disques choisit de le faire chanter.

C'est un succès énorme, inattendu pour un slow plutôt pour des titres enlevés comme Nouvelle Vague ou Let's Twist Again. Il vend plus d'1,5 million de disques et s'achète une maison près de Saint-Tropez.

Pas très à l'aise en public - "timide et sauvage comme je suis, je n'ai jamais été une bête de scène", reconnaissait-il -, Richard Anthony revendiquait plus de 600 chansons, 50 millions de disques vendus et 21 tubes classés numéro 1.

En 1965, alors au faîte de sa fortune, il pilote son avion privé pour partir en tournée et navigue entre Paris et le Swinging London. Mais il passe de mode après mai 1968, tente de s'installer aux États-Unis en 1978 puis revient en France en 1982.

La chanson Michelle, ma belle, a été composée par Paul McCartney, en hommage à l'épouse de Richard Anthony, qui vivait à l'époque à Londres et croisait les quatre garçons dans le vent dans les studios d'Abbey Road. La chanson est née sur un coin de table, pendant un déjeuner avec Paul McCartney. Les Beatles lui ont proposé de la chanter, mais Richard Anthony a décliné. 

"Père tranquille du twist"

Succès, enfants, femmes, fortune mais aussi déboires judiciaires et financiers ou kilos superflus: celui qu'on surnommait "le père tranquille du twist" vécut en réalité dans la démesure. Poursuivi en 1983 par le fisc, il est même emprisonné trois jours durant en 1983. Ses proches parviennent à le faire libérer en rassemblant une partie de la somme due (plus d'un million de francs soit 152.000 euros) et il s'engage à chanter pour rembourser le reste.

Sa carrière, faite de hauts et de bas, a oscillé au rythme de fréquents "come back" de plus ou moins longue durée, dans les années 1980, 1990 puis 2000, notamment grâce aux populaires tournées d'anciennes vedettes "Age tendre et Têtes de bois".

Promu en 2011 au grade d'officier dans l'Ordre des arts et des lettres, il avait retrouvé début 2012 l'Olympia de ses débuts, avant sa tournée d'adieux.

M. R. avec AFP