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Raplume, le découvreur de pépites rap devenu un média

Capture d'écran du site de Raplume.

Capture d'écran du site de Raplume. - BFMTV

Lancé en 2016, le compte Twitter Raplume est aujourd'hui le plus influent dans la sphère rap du réseau social. Au point qu'il est devenu un véritable média.

C'est l'histoire d'un simple compte Twitter, créé un jour d'avril 2016, sans grande prétention. Derrière l'écran de connexion, un jeune homme prénommé Alvaro, alors âgé de 17 ans. À l'époque, "c'était simplement un compte sur lequel je postais des phases et des couplets que j'aimais bien", raconte-t-il.

Quatre ans et demi plus tard, la donne n'est plus la même. Sur Twitter, Raplume affiche plus de 600.000 abonnés au compteur, se rapprochant peu à peu de la référence du milieu, Booska-P. "Je n'ai pas la prétention d'être le numéro 1, mais ça me flatte de pouvoir être considéré comme le premier média de ce genre, au moins sur Twitter.", se réjouit-il.

Surtout, le petit compte est devenu un vrai média, composé d'un site internet, d'une chaîne YouTube… et même d'un compte TikTok. Autant de nouveaux supports, pour lesquels Alvaro a dû s'entourer de toute une équipe. "J'ai recours à des prestataires de service pour réaliser les vidéos de la chaîne, écrire des articles. Au total, il y a une dizaine de personnes qui tournent sur Raplume", explique-t-il.

Chercheur d'or

Pour en arriver là, la recette d'Alvaro est simple mais efficace: "miser sur des artistes qui vont péter". Moins de têtes d'affiche mises en avant, mais des rappeurs bien ciblés, souvent moins présents dans les médias. Sur le compte, on retrouve pêle-mêle Alpha Wann, Freeze Corleone, Green Montana ou encore Laylow, "pour qui c'était du tabassage tout en étant un partage naturel."

"On essaie d'être 'précurseur'. Soit nous diffusons un artiste que l'on aime bien, pour lui donner de la force, comme c'est le cas avec Zamdane en ce moment. Soit nous nous faisons le relais d'autres comptes Twitter, comme 1863fr avec La Fève, ou DiscoveryDrill avec Menace Santana. Si on kiffe, on partage", détaille Alvaro.

Pour maintenir cette fibre de chercheur d'or musical, Raplume développe ses propres concepts. Chaque dimanche, le média met en avant un "rappeur de la semaine", qui opère en totale indépendance, pour "le pousser un peu".

Alvaro entend également lancer les "Unsigned" de Raplume, des freestyles réunissant six rappeurs non-signés par des maisons de disque. Ce concept, destiné à YouTube, est inspiré de la colonne "Unsigned Hype" du magazine américain The Source, dans laquelle sont notamment apparus Notorious BIG ou Eminem.

Un album et des soirées

Raplume travaille aussi sur un album de 12 titres, dont la date de sortie reste inconnue. "Confidentielle" également, la liste des artistes qui y participent, même si Alvaro promet des noms "qui vont surprendre les auditeurs".

Le média passe aussi du virtuel au réel, et a l'ambition de porter la culture rap dans toute la France. Samedi 27 novembre, il a organisé sa première soirée à Montpellier, réunissant 400 à 450 personnes. "Les gens en sont partis avec le sourire, on est heureux, et c'est la première fois que je voyais mes parents vraiment fiers de moi", se réjouit Alvaro.

De quoi le motiver pour en organiser de nombreuses autres. "On va en refaire, tout en prêtant attention à l'évolution du nouveau variant. La prochaine sera à Paris, et après on ira peut-être à Lille ou à Rennes, on me l'a beaucoup demandé".
https://twitter.com/FloHuvier Florian Huvier Journaliste BFMTV