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Leonard Cohen, le chanteur et poète élégant aux multiples facettes

Leonard Cohen à Paris en 2012

Leonard Cohen à Paris en 2012 - Joel Saget - AFP

PORTRAIT - Le chanteur canadien, auteur de Hallelujah et Suzanne s'est éteint à l'âge de 82 ans So long, Leonard.

Il avait dit adieu à sa muse Marianne, en août dernier. Et annoncé en interview qu'il était prêt à mourir. Leonard Cohen, le sombre chanteur à la belle voix grave s'est éteint. On lui doit quelques unes des plus belles chansons de la fin du XXe siècle, comme Hallelujah, rendu inoubliable par l'interprétation de Jeff Buckley, So long Marianne, inspiré par sa muse Marianne Ihlen, ou encore Suzanne, Take this waltz, Dance me to the end of love, Everybody knows...

Leonard Cohen avait fêté ses 82 ans en septembre 2016 avec un nouvel album, You want it darker, sorti le 21 octobre, et "comme lui, obsédé par la mort, imprégné de dieu et drôle", selon les mots du New Yorker.

Le "mythe" Cohen a de nombreuses facettes, comme l'a écrit le Guardian, lors de la sortie de son précédent album en 2014. ll y a "Cohen le poète, le chanteur folk, le reclus, l'auteur de chants talmudiques, l'homme à femmes, le moine, le héros sur le retour". 

Leonard Cohen est né à Montréal le 21 septembre 1934 et a grandi dans une famille juive aisée originaire de Pologne. Il publie ses premiers poèmes à l'université, et son premier recueil de poésie est édité en 1956. Il acquiert une certaine célébrité dans le cercle des poètes canadiens, avec The Spice Box of Earth.

Marianne et Hydra

En 1960, après un passage à Londres, il s'installe en Grèce, sur l'île d'Hydra. Dans ce qui est à l'époque un refuge d'artistes, l'électricité n'est qu'intermittente, l'eau se transporte à dos de mule et il n'y a pas de voitures. Leonard Cohen y achète une maison, écrit plusieurs romans. C'est là aussi qu'il fait la connaissance d'une belle norvégienne, Marianne Ihlen, sur l'île avec son mari l'écrivain Axel Jensen et leur fils. Elle devient sa compagne et sa muse, lui inspirant le célèbre So long, Marianne et Bird on the wire.

Leonard Cohen s'installe à New York en 1966. Il vit au Chelsea Hotel, se produisant dans des bars, croise Janis Joplin, Patti Smith, Lou Reed, Jimi Hendrix.

Il écrit en 1967 son premier album, très folk, et simplement intitulé Songs of Leonard Cohen. On y entend des chansons qui sont devenues célèbres, Suzanne, So long, Marianne, Sisters of mercy... Quatorze album studios, et huit albums live suivront.

Ses chansons ont été reprises par de nombreux artistes, au point parfois d'en faire oublier qu'il en était l'auteur. C'est le cas de Hallelujah, littéralement habité par Jeff Buckley. Le musicien français d'origine néozélandaise Graeme Allwright a contribué à le faire connaître en adaptant ses chansons en français, comme Suzanne, L'étranger, (The stranger song) Les soeurs de la miséricorde (Sisters of mercy).

Moine Bouddhiste

Son fils Adam Cohen, né de son union avec Suzanne Elrod (celle de la chanson), a produit son dernier album et est également musicien. En février 2012, sa fille Lorca a donné naissance à un enfant, conçu avec le chanteur canadien Rufus Wainwright, par ailleurs marié avec un homme.

Leonard Cohen avait disparu de la scène dans les années 90, préférant se réfugier dans le bouddhisme. Il est même devenu moine en 1996, vivant retiré dans un monastère bouddhiste près de Los Angeles. "Je n'ai pas réussi à être un homme très religieux, expliquait-il dans une interview en 2001. Je n'avais pas le don pour ce genre de vie. J'ai échoué en tant que moine... Dieu merci".

Dépouillé par son impresario, Cohen est revenu à la chanson moins d'une décennie plus tard, plus créatif et productif que jamais. Il a ainsi signé trois albums en six ans.

"Je te suivrai bientôt"

Il avait alors jugé qu'à son âge, il était temps d'être moins sage avec sa santé et, sous forme de cabotinage, il avait pris comme résolution de recommencer à fumer. En forme de clin d'oeil, la pochette de son dernier album montre un Leonard Cohen mal rasé, une cigarette entre les doigts.

La mort planait à maintes reprises dans cet album, comme un rappel d'une issue inexorable et sans doute un peu plus manifeste avec le décès en juillet de sa muse Marianne Ihlen. "Je pense que je te suivrai bientôt", avait écrit Leonard Cohen juste après le décès de Marianne Ihlen.

https://twitter.com/Radegonde Magali Rangin Chef de service culture et people BFMTV