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Georges Moustaki, un poète épris de liberté

Cheveux longs et barbe broussailleuse, regard bleu étincelant, nonchalance bohème, l'auteur du Métèque, Georges Moustaki, est mort jeudi matin

Cheveux longs et barbe broussailleuse, regard bleu étincelant, nonchalance bohème, l'auteur du Métèque, Georges Moustaki, est mort jeudi matin - -

PORTRAIT - Le chanteur et compositeur, mort jeudi matin, était un artiste engagé. Il a su séduire les plus grands noms de la chanson françaises avec ses textes subtils et poétiques.

Avec sa "gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec", Georges Moustaki était devenu l'un des plus grands noms de la chanson française. Mort jeudi matin, à l'âge de 79 ans, le chanteur et compositeur était avant tout un poète et un artiste engagé. Retour sur son parcours de troubadour, salué jeudi comme "le géant secret de la musique française" par Frédéric Mitterrand.

Brassens, Piaf, Dalida, Montand...

De son vrai nom Giuseppe Mustacchi, Georges Moustaki naît à Alexandrie, en Egypte, le 3 mai 1934, de parents grecs. Après une scolarité à l'Ecole française, il arrive à Paris en 1951. Il commence à se produire dans des cabarets et écrit notamment pour Henri Salvador, avant de croiser la route de Piaf, avec qui il a une liaison, et lui signe les paroles de Milord. Il choisit le prénom Georges en hommage à Brassens, qu'il a toujours considéré comme "un modèle exemplaire".

Ses textes sont alors chantés par Dalida, Yves Montand, Juliette Gréco, Tino Rossi ou Barbara. Il débute sa carrière discographique sous le pseudonyme d'Eddie Salem, sans succès.

Engagé à l'extrême-gauche

En 1967, il écrit La longue dame brune pour Barbara, qui lui présentera Serge Reggiani, un autre de ses interprètes fameux avec, entre autres, les chansons Sarah, Ma solitude ou Ma liberté. En mai 1968, un "moment de grâce", il soutient le mouvement étudiant aux côtés de Jacques Higelin ou d'Ariane Mnouchkine. En 2012 encore, il soutiendra Philippe Poutou, candidat trotskyste à la présidentielle.

De l'ombre à la lumière

1969 marque le triomphe du Métèque, chanson pourtant refusée par sa maison de disques trois ans plus tôt. Moustaki passe de l'ombre à la lumière et se produit en vedette à Bobino début 1970.

Grand voyageur appréciant autant le café grec que le narguilé égyptien ou la bohème parisienne, le chanteur parcourt le monde pour ses tournées : Brésil, Etats-Unis, Japon, Mexique, Québec ou l'Egypte de son enfance.

Il alterne inlassablement tournées et albums, dont l'un avec le groupe néerlandais Flairck en 1982, Joujou en 1986 avec Maxime Le Forestier ou Paco Ibanez, et, plus récemment, Vagabond, enregistré au Brésil, et Solitaire, avec Cali ou Vincent Delerm.

"Heureux qui comme Ulysse"

En février dernier, sous oxygénation artificielle, il avait confié dans une ultime interview à Nice Matin, s'être installé à Nice pour fuir la pollution et le froid de sa chère Ile-Saint-Louis, à Paris, où il s'était installé il y a plus de 40 ans.

Clin d'oeil du destin, son appartement parisien, sur l'île Saint-Louis, était situé au-dessus d'une librairie qui porte le nom du plus fameux des voyageurs, Ulysse. Naturalisé français en 1985, cet amoureux de la scène et dilettante assumé avait fait son entrée dans l'édition 2007 du Petit Larousse illustré.


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M.G. avec AFP