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Céline Dion: "René serait fier de voir que je peux continuer ce métier"

Avant d'entamer une tournée qui la mènera notamment à l'AccorHotels Arena de Paris pour neuf dates, Céline Dion s'est longuement confiée à BFMTV.

"C'est la vie qui continue d'une autre façon". Ce lundi 20 juin, Céline Dion s'est longuement confiée à Ruth Elkrief pour BFMTV. La mort de René Angélil en janvier dernier, ses jeunes enfants, le deuil ou encore la tournée qu'elle entame ce lundi soir... La star canadienne s'est livrée sans fard, n'esquivant aucun sujet.

Dans cet entretien, Céline Dion est apparue sereine, elle a longuement détaillé comment elle avait pu faire ses adieux à René, puis son deuil, comment elle a expliqué à ses deux jeunes jumeaux, Eddy et Nelson, âgés de cinq ans, la maladie de leur père. Retour sur les passages les plus marquants de cette interview confession.

> "Je voulais protéger leur avenir"

"C'était très important pour moi que les enfants n'aient pas peur des médecins, des cliniques pour les vaccins, qu'ils ne soient pas déçus que je n'aie pas pu sauver leur père. Car quand eux vont avoir de la fièvre et que je vais leur donner un médicament, je veux qu'ils aient confiance et qu'ils n'associent pas: 'Papa avait la fièvre, donc moi j'ai la fièvre: je vais mourir aussi'".

"Je voulais protéger leur avenir et je voulais protéger les miens. J'ai pris une bonne heure pour expliquer le tout. Ils ont eu des questions, on a fait le partage de tout ça. Et je me sentais tellement forte et en confiance que je me disais: 'Mes enfants ne vont pas chercher leur père et ils n'auront jamais de questions'. "Je leur ai raconté une histoire, sans compliquer les choses, parce qu'ils n'ont que cinq ans. Ils n'ont jamais eu de questions après. Vraiment, en tant que mère, c'est de cela dont je suis le plus fière".

> "Tu es le seul homme de ma vie"

"Quand René a commencé à être plus malade, il était très angoissé. Il avait peur de ne plus voir ses enfants, ne ne plus me voir. Il avait plein de questions et pas de réponses, il avait pas l'énergie pour poser toutes ces questions. Alors j'ai commencé à m'asseoir près de lui et à parler avec lui. J'ai dit: 'De quoi t'as peur?' Premièrement: 'Est-ce que t'as mal?'. Il me dit :'Non j'ai pas mal'. Il m'a dit: 'C'est sûr que j'ai peur'. J'ai dit: 'T'as peur de mourir, bien sûr'. Mais j'ai dit: 'Qu'est-ce que je peux faire pour t'aider à ce que les choses se passent du mieux possible?' (...) On ne sait pas quand ça va arriver, mais ça va arriver. Moi je ne suis pas là pour te raconter des blagues. Tu es le seul homme de ma vie, on a tout fait ensemble. Alors on a parlé de testament et de plein de choses, des choses qui le tracassaient".

> "Quand l'heure est arrivée, ça n'a pas été le choc"

De son côté, Céline Dion a demandé à son mari une année sabatique, pour passer du temps avec lui, l'accompagner, et "être là pour les enfants". "Il a dit d'accord et on a arrêté le spectacle pendant une année. J'ai à la fois eu beaucoup de temps pour l'épauler, pour l'assister, pour vivre mon deuil aussi, pour le voir mon mari s'éteindre à petit feu. Ca a été très difficile. Il me manque énormément, mais quand l'heure est arrivée, ça n'a pas été le choc. Le choc a été pendant ces trois années, mourir à petit feu, ça a été ça la souffrance, ça été ça mon deuil, ça a été dur. Je suis contente d'avoir pris cette année".

> "René avait tout préparé"

"J'ai pris une année, parce que j'avais le coeur dans la gorge. J'avais besoin que ce coeur batte au même rythme que lui. René avait tout préparé. (...) Il avait déjà mis en place une équipe. Il avait préparé la tournée que je m'apprête à faire ici, à Anvers, à Paris et à Montréal, mon retour sur scène déjà fait à Las Vegas".

> "J'ai osé appeler Jean-Jacques"

Jean-Jacques Goldmand a beaucoup écrit pour Céline Dion depuis l'album D'eux en 1995, qui comprend les tubes Pour que tu m’aimes encore ou S’il suffisait d’aimer. Pour son prochain disque, elle lui a demandé une nouvelle chanson. C'est Encore un soir. "J'ai osé appeler Jean-Jacques, qui je sais m'a tout écrit, on a tout chanté ensemble. (...) J'ai appelé Jean-Jacques, j'ai dit: 'Je suis à Boston avec René et c'est le début d'une nouvelle vie. Je sais que tu vas me dire que tu m'as tout écrit, tu as raison. Mais est-ce que je peux me permettre de te demander de m'écrire une chanson? (...) Une chanson différente. C'est une nouvelle vie pour moi et je pense que tu n'as pas touché à ce sujet encore'. Je lui ai demandé de m'écrire cette chanson pour m'aider à traverser le pont".

"René serait tellement fier - il l'est de toute façon - que je puisse continuer à faire ce métier, que je puisse avoir ces auteurs", a expliqué la chanteuse québécoise en citant Francis Cabrel, Serge Lama, Grand Corps Malade, Zaho ou Grand Corps Malade qui collaboré à l'album prévu pour la rentrée. "Emotionnellement, ça ne va pas être facile pour moi, quand le spectacle va commencer, de chanter Encore un soir. Mais j'ai besoin d'être ici. J'ai envie surtout d'être ici".

> "Ca fait partie malheureusement de notre génération"

Interrogée sur l'attentat d'Orlando, Céline Dion a livré ce témoignage: "Je pense qu'il faut garder espoir. Nous ne pouvons pas être prisonniers de ce qui nous arrive. Nous devons le vivre le mieux possible. Nous devons méditer, rester positifs. Il faut être très ouvert. Il faut faire attention, mais ne pas dire: 'Je ne veux pas entendre'. Ca fait partie malheureusement de notre génération, de mes enfants de cinq ans et demi, de mon adolescent de 15 ans et demi. Est-ce que ça va empirer, est-ce que ça durera toujours? Je pense que s'il y avait des solutions ce serait déjà réglé. Je souhaite, comme nous tous, la paix. Que nous gardions vraiment la foi, vraiment l'espoir que le meilleur reste à venir".

M.R.