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"Burning Man": du festival underground au repaire de stars

Le Burning Man Festival 2013.

Le Burning Man Festival 2013. - Wayne Stadler - Flickr - CC

Le festival du Burning Man, manifestation artistique déjantée et loin des contingences matérielles, est devenu le terrain de jeu des stars, dans le désert du Nevada, aux Etats-Unis.

Une Paris Hilton poussiéreuse déambule en chaussures compensées dans un décor à la Mad Max, Katy Perry arbore des tresses de laine et Scott Eastwood fait des léchouilles à Cara Delevingne... Ceci n'est pas le récit d'un trip sous acide mais la trentième édition du Burning Man festival, qui s'est achevé ce week-end dans le désert du Nevada.

Mais la manifestation ponctuée de grands feux de bois a bien évolué depuis sa création en 1986. Le festival, à mi-chemin entre le culte païen et la rave, était à l'origine une sorte de manifeste anarchiste dont le principe reposait sur la création artistique, mais aussi l'économie du don, l'absence de publicité.

Une communauté réunie chaque dernier week-end d'août depuis sa création en 1986, dans une sorte de cité nomade visant l'autosuffisance. Une utopie sans douches et sans commerces, sans armes à feu et sans voitures. "Burning Man est plus qu'un événement, c'est un mode de vie", évoquait ainsi l'une de ses créatrices, Marian Goodell, dans une conférence TED à Tokyo en 2014.

Déjanté et photogénique

Le festival artistique, gigantesque exposition de sculptures de bois destinées à être brûlées, est un événement totalement déjanté et incroyablement photogénique. Les stars l'ont bien compris, qui affluent désormais pour apparaître couvertes de poussière et dans des tenues aussi dingues que légères. Sur Instagram, chanteurs, acteurs, top models et une bonne partie des ex de Leonardo DiCaprio semblent s'être donné rendez-vous dans ce qui est devenu l'endroit le plus hype de la planète.

On y croise aussi toute la Silicon Valley. "Si vous n'êtes jamais allé au Burning Man, vous vous l'imaginez à peu près ainsi: un désert surchauffé, peuplé de 50.000 hippies à moitié nus et défoncés en train de faire des salutations au soleil sur fond de musique techno", écrivait déjà en 2014 un journaliste du New York Times. "Il y a quelques années, cette description aurait été à peu près correcte. Mais maintenant les choses sont différentes. Ces deux dernières années, le Burning Man est devenu l'escapade annuelle des nouveaux millionnaires et milliardaires de la high tech". 

On a ainsi vu Sergey Brin et Larry Page, fondateurs de Google et Jeff Bezos, créateur d'Amazon, faire le voyage.

Le tout dans des conditions fort éloignées de l'esprit originel du festival, où les infrastructures de cette "ville" de 70.000 personnes sont réduites à leur plus simple expression, "nous n'avons pas de stand de nourriture, ou de bière, à vrai dire on ne vend même pas d'eau et n'avons pas de poubelles", explique Marian Goodell.

Chacun est censé y apporter de quoi subvenir à ses besoins, nourriture et couchage. Les magnats de la Silicon Valley, eux, ne débarquent pas vraiment en chaussures de randonnées et sac à dos, mais avec leur propre chef cuisinier et des camions de grand luxe avec eau à gogo, WiFi et air conditionné.

Cette année, le festival a connu un incident inédit. Des "vandales" se sont introduits dans le camp de "L'océan blanc", quartier luxueux du festival, pour se livrer à différents sabotages. Comme le rapporte The Guardian, ils ont collé des portes avec de la glu, coupé le courant, ce qui a provoqué l'arrêt des réfrigérateurs et perdu la nourriture, fait s'écouler plus de 700 litres d'eau... Cela n'a pas choqué tous les festivaliers. 

Magali Rangin