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Trois conseils pour des soldes plus éco-responsables

Alors que les soldes d’hiver démarrent ce mercredi 8 janvier, suivez nos trois conseils afin de faire votre shopping de manière plus responsable, et limiter votre impact sur l’environnement.

Voici venu le jour préféré des accros du shopping, parfois fatal au PEL et férocement boycotté par les défenseurs de la planète: le premier mercredi des soldes. Alors que la mode est reconnue comme étant l’une des industries les plus polluantes du monde, le coup d’envoi des promotions en tout genre a de quoi faire frissonner celles et ceux qui militent pour une consommation plus responsable, et la fin de la fast fashion (la “mode rapide” et “jetable”, soit les grandes enseignes qui proposent des vêtements de basse qualité à moindre coût).

Car les soldes, en poussant à l’achat grâce à des offres alléchantes, alimentent le monstre de la surconsommation décrié par les adeptes d’un mode de vie plus vert. La solution pour une période de soldes 100% écolo? Si le boycott pur et simple - la seule vraie option écolo - vous semble trop radical, ou si le besoin (ou l'envie) de vous offrir de nouvelles pièces est plus fort que tout, suivez nos trois conseils pour réduire votre impact environnemental pendant votre shopping (et sans sacrifier votre style, promis).

1. Achetez en seconde-main 

C’est l’option la plus éco-responsable possible car la moins polluante: rappelons que la fabrication d'un t-shirt neuf en coton nécessite en moyenne 2.800 litres d'eau - et celle d'un jean, jusqu'à 10.000 litres. En achetant un produit d'occasion, vous évitez également que celui-ci soit jeté en lui donnant une seconde vie!

“En 2018, on a produit 140 milliards de vêtements contre 50 milliards en 2000. L'industrie textile représente environ 1.8 milliard de tonnes de gaz à effet de serre par an. Ces conséquences écologiques sont effrayantes", explique Mathilde Clauzet, spécialiste et conseillère en mode éthique. "Pour ralentir les choses, produire moins et donc polluer moins, il faut qu'un même vêtement connaisse plusieurs propriétaires. Il faut forcer les marques à produire moins en rallongeant le cycle de vie du vêtement". 

L'achat de seconde-main, en plus d'être bon pour la planète, l'est aussi pour votre porte-feuille puisqu'il est possible de trouver des habits d'occasion à partir de 1 euro, en vide-grenier, chez Emmaüs, en friperie ou encore sur l'application de revente entre particuliers Vinted. 

"S'habiller en seconde-main et surtout en vintage, c'est être à la pointe de la mode!", ajoute Mathilde Clauzet. "En ce moment, la mode est à la fin des années 1990 et début 2000. Pourquoi produire des tops tubes, des bobs, des cabans en cuir et des sacs baguettes quand on peut les trouver en fripes, moins chers, sans faire de mal à la planète et bien souvent, de meilleure qualité?".

2. Tournez-vous vers des marques éthiques

Vous préférez acheter neuf? Vous ne trouvez pas votre bonheur d'occasion? Alors optez pour des marques éthiques, qui respectent l’environnement et l’humain, et sont transparentes sur leurs conditions de fabrication. Attention, ne vous attendez pas à des réductions mirobolantes: parce qu’elles pratiquent un prix juste tout au long de l’année (au contraire des marques de fast fashion qui gonflent les leurs afin de pouvoir proposer des rabais attractifs), les marques éthiques ne peuvent se permettre de proposer de grosses promotions. 

“Les marques éthiques ont de très faibles marges. Beaucoup d’entre elles ne dégagent pas ou quasi pas de bénéfice. Certaines marques souhaitent cependant participer et soldent à -10% ou -20% maximum”, explique Mathilde Clauzet. “D'autres refusent catégoriquement de participer aux soldes, pour des raisons de marges mais aussi idéologiques”.

Forcément, les prix de marques éthiques sont plus élevés que les grandes enseignes telles que Primark, H&M ou encore Zara. Au moment de faire votre shopping, pensez donc à investir sur le long terme: il est souvent plus intéressant de s’offrir une chemise blanche classique à 120 euros vendue par une marque éthique, qu'une chemise au motif tendance de fast fashion à 12 euros. Si vous porterez la première très longtemps (car intemporelle et solide), la seconde risque de se détériorer dès le premier lavage, ou d'être démodée d’ici quelques mois, ce qui vous contraindrait à la remplacer par un nouvel achat.

Envie de découvrir des marques éthiques? Mathilde Clauzet en référence plusieurs sur son site Internet, tandis que la plateforme The Good Goods a imaginé un annuaire de marques éthiques, classées en fonction de leurs différents engagements. 

3. Optez pour des matières naturelles et du made in France

Avant d'acheter une pièce en magasin, assurez-vous de bien lire son étiquette intérieure. Celle-ci vous indiquera si le produit que vous vous apprêtez à acquérir est de bonne facture, et a été fabriqué dans de bonnes conditions. Préférez les matières naturelles (le coton, le lin, la soie, la laine...) aux matières synthétiques qui polluent lors de leur fabrication... mais aussi après.

“Il faut regarder toutes les étiquettes! Privilégier les matières naturelles, essayer de ne pas acheter de polyester, acrylique ou polyamide", recommande Mathilde Clauzet.

Selon la spécialiste, les pièces en acrylique sont à fuir. "C'est une matière qui bouloche, qui fait transpirer et... qui se recycle très mal". Elle conseille ainsi d'éviter toutes les matières pétrochimiques, car celles-ci libèrent des micro-plastiques dans l'eau à chaque lavage en machine.

Enfin, vérifiez le pays de fabrication du vêtement: optez pour du "Made in France" ou, le cas échéant, des pièces produites dans les pays voisins (Espagne, Angleterre, Italie, Portugal), afin de limiter l'empreinte carbone lors de l'acheminement des pièces... mais aussi s'assurer que les entreprises où elles ont été fabriquées respectent le droit du travail.

"Le made in China, Inde, Sri Lanka, Bangladesh, Thailande... sont à fuir. Ce sont des pays où les réglementations en droit du travail sont faibles et des pays dont la main d'oeuvre est exploitée par les entreprises de fast fashion", rappelle Mathilde Clauzet.
Nawal Bonnefoy