BFMTV

Clinton vs Trump: la bataille se joue aussi sur le look des candidats

Donald Trump et Hillary Clinton, candidats à la présidentielle américaine.

Donald Trump et Hillary Clinton, candidats à la présidentielle américaine. - Mark Makela - Brendan Smialowski - AFP - Montage BFMTV.com

Au-delà des programmes et des discours, la course à la Maison Blanche passe évidemment par la communication, l'image, et particulièrement la tenue vestimentaire des candidats en campagne, placés en permanence sous les projecteurs, et face à des adversaires avides de fautes de goût. Que portent les candidats à l'élection présidentielle américaine? Focus.

Comme toutes les femmes en politique, Hillary Clinton est scrutée et sa garde-robe décortiquée presque autant que son discours. Que porte-t-elle, quelle marque, quelle couleur, pourquoi un pantalon? Certes Donald Trump est constamment moqué pour sa coiffure, mais personne ne se demande où il a acheté ses costumes - invariablement bleu marine - ni combien il les a payés. A peine glose-t-on sur la couleur de ses cravates.

En décembre 2010, déjà, interrogée par une journaliste sur ses marques préférées, Hillary Clinton avait répondu, un poil agacée: "Poseriez-vous cette question à un homme?"

Cela ne l'empêche pas de s'entourer d'une batterie de conseillers, dont Kristina Shake, qui a travaillé pour Michelle Obama. Elle compte même l'inflexible Anna Wintour parmi ses supporters. Celle qui fait la pluie et parfois le beau temps sur la mode est consultante de la candidate. Son rôle, selon le magazine People, consiste à contacter les créateurs pour qu'ils fournissent des pièces, même si Hillary Clinton paie les vêtements qu'elle porte.

> Le juste prix

La candidate démocrate a ainsi été critiquée pour avoir arboré en juin 2016, une veste Armani en tweed coûtant à l'époque 12.000 dollars, lors d'un discours sur les inégalités de salaires. Une information partiellement contredite par le site de fact-checking Snopes.com, (sur le site de la marque, la veste coûte désormais 5.000 dollars) mais qui colle à la peau d'Hillary Clinton.

Un an auparavant, en juin 2015, la candidate démocrate alors en tout début de campagne, avait essuyé le même type de critique, lorsqu'elle avait revêtu un tailleur-pantalon - sa tenue fétiche - bleu Ralph Lauren. Pas de problème avec le bleu, tout à fait patriotique, comme le notait le New York Times, mais là encore, c'est le prix du vêtement qui coinçait.

Même si Hillary Clinton a largement les moyens de s'offrir des vestes à 12.000 dollars, "pour une candidate qui insiste sur sa compréhension de la classe moyenne et sur son lien avec elle […], Ralph Lauren est une marque relativement inaccessible", note la chroniqueuse mode du New York Times Vanessa Friedman.

En revanche, le prix des costumes de son adversaire républicain, Donald Trump ne fait tiquer personne. "Ces costumes coûtent souvent entre 5.000 et 10.000 dollars. Mais parce que c'est l'uniforme en matière de mode masculine, en particulier en politique, le prix est négligé", explique Rebecca Klein, consultante mode, interrogée par CNBC. "Quoi qu'elle fasse, elle sera attaquée", note Jennifer Rade, styliste de stars. "Si Clinton portait des vêtements moins chers, on lui reprocherait de ne pas avoir la même envergure que ses concurrents".

> Made in USA

Le choix est d'autant plus difficile qu'il faut aussi privilégier les marques américaines. Un tailleur Ralph Lauren à 2.500 dollars est peut-être un peu cher pour la classe moyenne, mais il a le mérite d'être américain. Car lorsque l'on est candidate pour l'élection présidentielle, ou même première dame comme Michelle Obama, le choix du couturier importe autant que le modèle. Acheter américain est donc une marque de patriotisme non négligeable.

Là encore, les costumes italiens de Trump ne choquent personne. Le candidat dit apprécier la marque Brioni (aujourd'hui dans l'escarcelle de Kering, le groupe de François Pinault) et avoir un faible pour les cravates Hermès, selon Buzzfeed.

> La forme

Comme Angela Merkel, Hillary Clinton a peu évolué dans son style vestimentaire à travers les âges de sa vie politique. Elle est abonnée au tailleur-pantalon, de préférence avec une veste longue et évasée.

Un choix pas totalement anodin, quand on sait que les femmes ne sont autorisées à porter un pantalon dans l'enceinte du Sénat que depuis 1993, comme le rappelle le Washington Post, à l'initiative de la sénatrice Barbara Mikulski.

Concernant Donald Trump, le Time avance que le candidat s'habille comme un magnat de l'ère Reagan. Ce qui colle assez bien avec le personnage.

> La couleur

C'est vêtue d'un tailleur blanc immaculé, pas facile à porter les jours de spaghetti-bolognaise à la cantine, qu'Hillary Clinton a accepté l'investiture démocrate en juillet dernier. Une couleur symbole de pureté, mais également, comme le souligne le Hollywood Reporter, "qui suggère un nouveau départ et renvoie au passé pas si lointain où les suffragettes portaient du blanc pour promouvoir leur lutte pour obtenir le droit de vote".

Et si on a pu la voir porter des teintes un peu ingrates - la fameuse veste Armani était d'un rose infâme - Hillary Clinton a adopté des couleurs vives, sans doute sur les conseils de son armada de consultants. Du bleu, qu'elle affectionne particulièrement, mais aussi du violet, du rouge, du vert, et même du jaune.

La veste jaune à col Mao, qu'elle portait en février 2016, lors d'un débat face à Bernie Sanders, a d'ailleurs beaucoup plus passionné - et surtout amusé - les internautes que son discours.

Chez Donald Trump, seule la couleur de la cravate varie. Les costumes oscillent, eux, entre le noir, le bleu marine et le gris. Les chemises sont toujours blanches. Et on l'a vu essentiellement avec des cravates rouges (la couleur des Républicains) et parfois avec des bleues. Plus rarement avec des cravates jaunes, ou des roses. Quand il opte pour un motif, c'est en général de la rayure. Il est souvent moqué pour la longueur de ses cravates.

Magali Rangin